9.10.06

C'est lundi

Quand il fait beau comme ça, il est tentant de transformer un cul de sac en salon de coiffure.

Un salon de coiffure avec boissons à volonté,

salle d'attente confortable avec princesses en liberté

et, même, petit atelier de bricolage !

Puis aller subir plus que choisir de la musique à Yoyogi.

Manger un onigiri après les puces du parking de Meiji.
Avant que le froid et la nuit tombent d'un coup. A Shinjuku.


Aujourd'hui, jour férié pour cause de fête du sport. Les pneus gonflés, je réinvente le vélo dans les rues de Tokyo ! Merci Monsieur Be !

8.10.06

Ce matin, les nuages filaient aussi vite que dans les films de Gus Van Sant.

Aussi, je n'ai pas pris mon vélo.

Dans cette allée où je ne suis pas souvent, le soleil caressait doucement ma nuque et je me suis dit "vivement les sakuras". Parce que je sais combien c'est beau à cet endroit.
Pourtant, je sais aussi que, au moment où les sakuras sont en fleur, j'ai une écharpe autour du cou.

J'allais au Canal Café.
Les parents de Mélanie sont au Japon et, aujourd'hui, ils sont rentrés à l'intérieur du blog !

Nous avons un peu parlé de la France. St Avertin et Rochefort sont des mots qui assemblent des images très précises dans mes souvenirs. De ces souvenirs qui, maintenant je le sais, me resteront à vie.
Juste après leur départ, ça m'a fait sourire, il y a eu une version ascenseur d'un air des Demoiselles de Rochefort.
Etre Française au Japon ne me fait oublier ni ma vie ni Jacques Demy.

(Un caillou dans le coeur depuis un an, dont le poids ne varie pas. Je ne l'oublie pas non plus.)

7.10.06


Aujourd'hui,
j'ai mangé du pain au curcuma. Et du gâteau à la poire et à l'Earl Grey. Et c'était bon, mais bon.
j'ai laissé sonner le réveil deux fois avant de me lever. Pourtant, dans mon lit, il faisait froid.
j'ai porté mes cheveux longs avec la sensation d'être anonyme alors que j'étais dans des rues que je ne connaissais pas, où personne ne pouvait me (re)connaître.
j'ai entendu le mot "belle" dans une phrase me concernant. Ce n'est pas courant. J'ai fait semblant de rien.
je me suis aperçue que je n'avais pas lu l'étiquette du paquet que j'ai acheté : c'est du café au caramel, pas du thé. (ça intéresse quelqu'un ?)
je me suis dit qu'il fallait que je cesse d'espérer recevoir du courrier si je n'en écris pas moi-même... (mais j'aimerais quand même)
j'ai ressenti ce fameux vertige des jours d'après typhons, quand le ciel est bleu et immense et qu'il donne l'illusion que tout est possible, que tout peut arriver, forcément.
j'ai vu un homme se masturber au 3ème étage, dans l'escalier d'un immeuble qui surplombe le passage piéton. J'ai été suprise.
j'ai franchi le seuil du magasin à l'instant où les Beatles ont commencé à y chanter "yellow submarine".
j'ai pensé qu'avoir assez d'eau chaude pour se laver les cheveux et prendre sa douche, ça pouvait être la moindre des choses.
j'ai battu la mesure avec mon pied dans le train : il n'y avait pas de place pour danser mais je l'aurais volontiers fait (dans les oreilles Un jour en France de Noir Désir)
je n'ai pas ri autant que d'autres samedis. Mais plus que certains mardis.
je suis passée devant le fleuriste avec l'envie de rapporter une pleine brassée à la maison (mais je n'ai pas de vase).

Et puis, en fin de soirée : vivement demain...

6.10.06

100%

10月6日(金)

雨
最高気温(℃)[前日差]
21 [ 0 ] 最低気温(℃)[前日差]
--- [ --- ]
降水確率(%) --- --- 100 90
時間帯(時) 0-6 6-12 12-18 18-24
風: 北の風後東の風23区西部では東の風強く
波: 1.5メートル


ça peut paraître un peu obscur à certains d'entre vous !!! Mais c'est les prévisions météo de la journée.
(je viens de voir la carte satellite chez les Itadakimasu !)
Il est donc dit qu'entre midi et 18 heures, ça sera pluie à 100%. C'était la même chose avant midi.
Un temps à rester chez soi, demander à Nina Simone de se charger de la bande son, boire du thé toute la journée et... manger une mousse tofu-patate douce.
C'est bizarre de, tout à coup, se dire que, s'il manque un des ingrédients dont on a envie, la journée ne sera pas aussi réussie qu'elle pourrait l'être... Or, j'ai des patates douces mais plus de tofu soyeux.
Qu'à cela ne tienne, je sors.
Alors, 100% de pluie, ça signifie de l'eau qui tombe par seaux entiers, sans un seul interstice. Un bloc de pluie, en quelque sorte.
N'empêche ! Après avoir mis du journal dans mes chaussures, essoré mon pantalon, mis des chaussettes plus chaudes, fait chauffer l'eau...
Je mange ma mousse tofu-patate douce, je bois du chai et Nina Simone chante Just in time.
100% de satisfaction !!!!

4.10.06

Urbaine


Comment se lasser de Tokyo ???

C'est une ville de legos !

Où fourmillent les points de vue,

les occasions de vertige,

ou de sensations de liberté...

Un peu comme à la proue d'un bateau (j'imagine)...

Et où abondent les occasions d'indiscrétions.

Des silhouettes en kimono,

un jardin japonais caché

et les chaussures du jardinier.

La nuit aussi


La nuit aussi est noire et blanche. Et parfois, mais pas souvent et jamais longtemps, le bout du quai est désert.

La nuit est douce et donne des envies de somnambule.

Alors, plutôt que de rentrer directement, je longe les murs du cimetière.


Je réalise que jamais auparavant je n'avais habité dans une ville aussi peuplée d'humains. Mais jamais non plus dans un lieu aussi peuplé d'insectes. Les grillons de l'automne sont aussi bavards que les cigales estivales.

Et les canalisations imitent les ruisseaux.

Une nuit à la campagne. Et, au loin comme un sémaphore, l'hôtel Cosmo.

3.10.06

Tuesday self portrait


Jour de lessive en noir et blanc.

2.10.06

360°

De n'importe quel balcon, il est impossible, ici, d'oublier qu'on est à Tokyo.
Parce que, où que l'on pose les yeux, il y a toujours un séchoir à pinces.

Un filet anti-corbeau sur les poubelles.

Un teckel à poils longs en promenade.

Un appartement éclairé au néon.

Des lampadaires de n'importe quelle couleur mais jamais gris.

Des distributeurs de boissons.

Des fils enchevêtrés où s'empêtre la vue.

Des réservoirs d'eau sur les toits.

Et ces toits, justement, si japonais...
Voilà Tokyo. Pas démesuré. Pas spectaculaire.
Tokyo au coin de la rue.

1.10.06

Mon meilleur ami

Je me souviens que je l'ai rencontré un jour de pluie qu'il avait transformé en jour de fête.
Une rencontre essentielle. De celles qui n'arrivent que rarement dans une vie. Et on le sait, ça, quand on le vit.
C'était donc un jour de pluie dans les rues d'Orléans. Et depuis, ça a été partout ailleurs.
Ami fidèle et bienveillant, qui a assisté à mes erreurs et à mes échecs mais qui était là aussi le jour de mon mariage et les soirs de fous rire... Endurant stoïquement mes délires capilaires, mes diversement heureux changements de styles, me soutenant lors de mes entretiens d'embauche, restant objectif en toute occasion...
Un ami indéfectible.

Seulement voilà, parfois ça arrive, on n'accorde plus la même attention aux anciens compagnons, on est attiré par la nouveauté, piqué de curiosité vis à vis des inconnus et on s'invente des trahisons qui n'existent pas pour justifier l'infidélité qu'on commet... Je l'ai délaissé mais en gardais la nostalgie, ne parvenais pas à le remplacer aussi justement. Les autres ne me connaissaient pas aussi bien, ne me pardonnaient pas tout, étaient moins indulgents...

Alors aujourd'hui, je suis sortie avec lui. J'attendais le bon jour. Ce matin il faisait beau, une belle journée de fin d'été. Et, alors qu'il m'accompagnait vers la gare, j'ai retrouvé sa présence discrète mais qui me rend capable de certaines audaces. Je n'ai plus pensé à lui pendant la journée et puis, ce soir, dans l'espèce de moiteur de l'air du soir, en passant devant la salle de boxe, tout à coup, je l'ai senti et me sont revenus certains souvenirs précis et diffus à la fois. J'avais tout à coup la sensation que toutes celles que j'avais été en sa présence, aussi différentes avaient-elles été, aussi maladroites ou sûres d'elle-même en alternance... La sensation que toutes les images que j'avais voulu donner de moi s'assemblaient soudainement, s'emboîtaient enfin parfaitement et que, à cet instant précis et grâce à lui, j'étais définitivement moi-même...

Aujourd'hui, je me suis (à nouveau) parfumée avec Bel Ami d'Hermès.
(merci papa !)

28.9.06

Basta !

Après avoir constaté, dans la même demi-heure, que les magasins d'ameublement vendent de belles housses de coussins mais uniquement aux dimensions des coussins qu'ils vendent eux et pas aux dimensions de mes coussins à moi. Que les pantoufles de Muji qui m'intéressent existent jusqu'au 24 ou à partir du 26 et pas à ma pointure à moi...
Je préfère abandonner toute velléité de shopping et garder mon temps pour profiter d'un rayon de soleil et d'un coup de vent qui agite joliment les carillons pendus aux branches.
Soudain, le temps passe plus lentement.



26.9.06

Tuesday self portrait



On peut oublier qu'on vit sur des plaques tectoniques. Même si certains lieux aux vitres grillagées nous le rappellent chaque jour.

24.9.06

La vie des morts


J'aime les cimetières où s'estompe le vacarme du monde.

Le dimanche matin, dans tous les cimetières du monde, il y a des enfants insouciants qui se courent après autour des tombes.

J'aime y passer du temps, penser aux morts qui m'étaient chers, avec qui j'aimerais tant partager ce moment sous le soleil.

Les cimetières ne sont tristes que si on est triste soi-même. Moi, je ne le suis pas.

Je regarde leur tombe et j'invente une vie à ces morts. Une vie de dimanches de rien, une suite de moments minuscules comme mes dimanches à moi : un coup de soleil sur l'épaule, une piqure de moustique, des tomates cerises grignotées sur un banc, des voisins croisés dans la rue et, pour finir, un verre au canal café avec des amis.

J'aime la compagnie des morts car, quand je veux, je rejoins celle des vivants...

23.9.06

La belle heure

En ce moment, c'est 17H40. Pas encore nuit mais plus tout à fait jour.

L'heure où tout semble possible et où on a envie de plans sur la comète pour la soirée à venir.

Ou alors juste envie d'un petit crochet chez le marchand de thé avant de rentrer faire chauffer l'eau.

Et pour les amateurs de vélo les cheveux dans le vent : un spot !

C'est ici que ça se passe : juste avant d'arriver à la gare d'Otsuka, quand on vient d'Ikebukuro et qu'on suit la voie ferrée. Roue libre obligatoire et sensations de montagnes russes. Un régal.
Mais c'est comme le ski : pour éprouver à nouveau ce plaisir, il faut remonter la pente...
Mais ça n'est pas comme le ski : il n'y a pas de tire-fesses...