Dimanche matin à Tarumi
Le dimanche matin, j'aime être dehors quand les autres dorment.
Gwen à Tokyo
Le dimanche matin, j'aime être dehors quand les autres dorment.
Publié par Gwen à 20.4.08 4 commentaires
La couette est épaisse et pour deux personnes et pratique à emballer dans la housse.
Un voisin marche, à l'étage supérieur puis descend l'escalier.
Le jour entre abondamment dans la pièce. Un peu de gris, un peu de soleil.
Une portière claque sur le parking.
La vaisselle est entrechoquée dans l'évier. La veille, j'avais dit que j'allais la laver. J'entrouve la porte, lui dis qu'elle aurait pu la laisser. Mais c'est pour la forme : en vrai, je suis bien contente de rester encore blottie dans le lit et d'ouvrir mon livre.
Quand je me lève, ils sont tous les trois dans le salon et il est temps de petit déjeuner. Ce repas qu'on aime quand il dure des heures.
Et il dure des heures.
C'est un samedi matin à Tarumi, ça pourrait durer toute la vie.
Publié par Gwen à 19.4.08 2 commentaires
Ces derniers temps, il y a eu :
la fin des fleurs, le début des feuilles tendres, 
Publié par Gwen à 18.4.08 3 commentaires

Madame Gâ est en villégiature et moi, je prends le train demain. Mais je ne pars pas sans lui envoyer une carte ici.
Publié par Gwen à 17.4.08 4 commentaires
Publié par Gwen à 16.4.08 2 commentaires
Publié par Gwen à 15.4.08 2 commentaires
C'était un jour après la pluie et je m'étais installée au comptoir.
Publié par Gwen à 14.4.08 0 commentaires
Je n'ai pas été surprise quand il m'a dit qu'il ne lisait pas ces pages avant de vivre à Tokyo.
Il les avait pourtant vues, les boîtes aux lettres du jeudi, les photos des heures lentes et celles des arbres dans les ruelles...
Mais alors ??? Où était la ville ? L'ambiance survoltée ? Et ces néons qui ne s'éteignent jamais ?
Publié par Gwen à 13.4.08 2 commentaires
Je n'avais pas 14 ans.
Plus que les muscles de Matt Dillon, c'est le sourire rêveur de Mickey Rourke qui m'a marquée.
Et, en sortant, j'avais envie de voir, moi aussi, la vie en noir et blanc.
Petit hommage en forme d'instantanés au film de Coppola qui, au-delà de mon adolescence, a éduqué mon regard, autrement.
Publié par Gwen à 12.4.08 3 commentaires
Hier, j'ai demandé à E. s'il pensait que j'étais colérique.
Publié par Gwen à 9.4.08 0 commentaires
A quatre heures, le soleil se voile et j'enfile un pull. Quatre heures et tout est encore possible. Rentrer, rester, aller ailleurs.
Certains jours, je n'hésite pas.
L'eau teintée de vert dans la théière. Le parfum du bâton d'encens qui se consumme. La voix de Syd Matters.
Et un mochi au goût des fleurs sous lesquelles j'ai passé l'après-midi.
Publié par Gwen à 7.4.08 4 commentaires
Les derniers jours ont été emplis de fleurs.
De passage le long des rivières, immobile dans l'herbe des parcs, seule ou très amicalement accompagnée.
Des premiers bourgeons aux pétales qui s'éparpillent comme flocons et que je retrouve, le soir, dans mes cheveux.
Du matin au soir, dans la ville traversée, tant d'arbres penchés vers l'eau ou tendant leurs branches vers le ciel.
Des vieilles personnes sur les ponts, qui s'arrêtent et contemplent comme s'ils vivaient là leur première saison des sakuras.
Des enfants qui courent après les fleurs.
Et dans les rues, marcher sous les arbres, c'était marcher sous un ciel de poésie pure.
Et l'esprit de fête des lampions.
Chaque jour, une raison de m'exclamer ou de sentir mon coeur sauter dans ma poitrine.
La saison des sakuras me rend amoureuse. Amoureuse de ce pays qui la célèbre. Amoureuse de l'air ambiant.
Il m'a dit que la terrasse faisait la superficie de l'appartement, que c'était bien pour les barbecues. J'ai dit : "vous avez de la chance."
Il m'a dit aussi qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de voir les sakuras. A part un ou deux sur le chemin pour aller travailler -trop de travail-
Il m'a dit qu'il irait au parc, l'après-midi, avec les enfants. Voir enfin les arbres, en profiter.
Et, en le quittant, j'ai, justement, tracé une diagonale à travers le parc. On ne voyait plus le sol qui était recouvert du bleu des bâches, des bandes joyeuses qui faisaient de la musique en attendant la livraison des bières, des enfants qui zigzaguaient entre les groupes pour poursuivre la balle qu'on leur avait envoyée.
Oui, on apercevait les arbres, un peu, à travers cette foule bigarrée, animée, gaie.
Et j'ai pensé : "je ne l'envie pas".
Publié par Gwen à 6.4.08 3 commentaires
Le Japon est un pays où il arrive qu'un insecte se pose sur mon livre.
Parfois c'est une libellule.
Aujourd'hui, c'est un papillon. Son corps est bleu nuit, entouré par un duvet qui m'évoque des sourcils. Ses ailes sont noires bordées par une bande bleue sur le mode "tie and die". Il les ouvre et referme, régulièrement.
C'est le rythme d'un coeur qui palpite.
Et, aujourd'hui, le livre est L'origine de Thomas Bernhard.
"Cette musique n'était pour lui rien d'autre qu'un moyen tous les jours après le déjeuner, de s'isoler des autres pensionnaires et de tout le mécanisme de l'internat et de pouvoir se consacrer à lui-même, elle n'avait aucun rapport avec l'étude du violon, comme il eût été nécessaire, cette étude à laquelle on l'avait contraint mais qu'il abhorrait parce qu'au fond il n'en voulait pas. Cette heure d'exercices de violon dans la petite pièce aux chaussures presque complètement dans l'obscurité, où l'odeur de cuir et de transpiration des chaussures des pensionnaires étagées jusqu'au plafond, enfermée dans cette petite pièce, s'épaississait de plus en plus, cette heure était pour lui la seule possibilité de fuite."
Publié par Gwen à 5.4.08 1 commentaires
Les mouches, en volant, transformaient le jour en été. Les mouches et les guêpes.
Un peu plus loin, un sakura dispersait sa neige autour de lui. Et c'était l'hiver.
Le train rythmait le temps de ses passages que précédait la sonnerie du passage à niveau.
Mes bras nus chauffaient au soleil et je réfléchissais au parfum de la glace que j'allais manger.
Les yeux fermés, j'entendais les cris des enfants. Ils affleuraient à peine le bord de ma conscience.
En revanche, je sentais le sol vibrer à chacun de leur passage au galop.
Moi aussi, je courais ainsi.
A mes yeux également, les récréations étaient toujours trop brèves et j'en revenais encore essoufflée et les joues rouges et cuisantes.
Moi aussi, j'avais besoin de m'ébattre, de me dépenser. Au point de, plus tard, faire la course contre un chronomètre.
Allongée sur le drap de soie, j'ai essayé de me souvenir de la dernière fois où j'ai couru. Vraiment couru, pas seulement allonger mes foulées pour traverser avant que le feu passe au rouge.
Je ne sais plus. Je ne me souviens plus.
Il y a longtemps déjà que j'ai transformé les verbes : lire, dormir, rêver, paresser... en verbes d'action.
Publié par Gwen à 4.4.08 1 commentaires
Une boîte aux lettres, une bouilloire pour l'eau du thé... Tels sont les ingrédients indispensables à l'élaboration du courrier que, tous les jeudis, j'envoie ici à Madame Gâ.
Publié par Gwen à 3.4.08 1 commentaires
Il y a un an (presque jour pour jour mais ça, c'est un hasard ...Ou pas, d'ailleurs !), Géraldine et moi avons trouvé sur le trottoir toute la mémoire d'une maison promise à la démolition. Parmi nos découvertes : des photos. Depuis un an, je vis avec ces souvenirs de vacances que je n'ai pas vécues.
Aujourd'hui, peut-être inspirée par les feuilletons du Consul, j'entame une petite série autour d'un de ces panoramiques. A suivre...
J'aimerais savoir dire non.
J'aimerais avoir la désinvolture de Yuko. Son insouciance et sa classe.
J'aimerais parfois être une autre.
J'aimerais savoir ce que c'est d'être jolie ou d'être brillante ou d'avoir le sens de la répartie.
Mais ce serait trop difficile de, ensuite, redevenir aussi terne et ordinaire que je le suis. De retrouver ma vie aussi ennuyeuse -le train, le bureau, le bento à midi avec des filles tout aussi banales que moi- et trop pleine d'espoirs démesurés.
Je ne voulais pas venir.
Je n'aurais pas dû venir.
Et quand il a sorti son appareil photo, je me suis penchée vers le rivage, leur tournant le dos à tous. De manière à ne pas leur laisser mon visage en souvenir.
Publié par Gwen à 2.4.08 2 commentaires
"Qu'y a-t-il dans un nom ? Tous, nous nous le demandons, recopiant dans l'enfance ce nom dont on nous dit qu'il est le nôtre et dont nous cherchons alors à deviner quels présages contiennent la suite sonore de ses syllabes, le dessin des lettres qui le forment. On dit : un nom propre. Et l'on veut signifier ainsi, contre toute vraisemblance quand d'autres l'ont porté ou le porteront après nous, que notre nom n'appartient qu'à nous, et qu'il restera à nous, même quand l'âge aura fait changer jusqu'à la fome de notre corps, de notre visage et qu'enfin tout ayant été rendu au néant restera de nous cette seule inscription sur un registre de l'état civil ou la stèle d'un cimetière : un chiffre laissé pour rien parmi les signes."
Philippe Forest. Sarinagara
J'ai entendu à la radio cet extrait du dernier film de Jacques Doillon : Le premier venu.
Et la voix étranglée de Gérald Thomassin prononçant mon prénom m'a fait sursauter.
(Quant aux rues de Tokyo, elles sont parsemées de mon initiale.)
Publié par Gwen à 1.4.08 2 commentaires