12.7.07

C'est jeudi !


Dans ma boîte, l'autre jour, une carte joyeuse aux couleurs de la côte d'Opale.
Et aujourd'hui ???
N'hésitez pas à aller lire mon courrier !

11.7.07

Une recette magique


Je ne me lasse pas de la recette du tofu-coco de la Fée Clochette.

-Diluer un sachet d'agar-agar dans un peu d'eau. Faire bouillir. Ajouter une boîte de lait de coco et un peu de sucre. Faire chauffer en remuant pendant quelques minutes.
-Mixer un bloc de tofu soyeux.
-Ajouter le lait de coco au tofu. Mixer à nouveau.
-Laisser refroidir. Mettre au frais.

Un jour de pluie, on peut ajouter à l'après-midi les ingrédients suivants :
-Un thé vert.
-Un album de Miles Davis (ici : Cooking with the Miles Davis).
-Un encens au miel de chez l'Occitane.
-Un roman japonais (ici La Brocante Nakano De Hiromi Kawakami).

10.7.07

Self portrait tuesday (Avant Gwen)


"Avant Gwen, tu n'avais aucune idée de qui tu étais. Pas la moindre. Pendant Gwen, tu le savais. Après Gwen, tu t'es remis à douter.
(...) Tu la revois dans la voiture, la figure fouettée par le vent, les cheveux lui balayant la bouche, les yeux fixés sur toi, cherchant à t'absorber comme de la nourriture, comme du sang, comme l'air qu'elle respire, et tu murmures "Si seulement..." , et tu restes assis là longtemps, tandis que le soleil réchauffe peu à peu le sol, réchauffe peu à peu ton dos et que la brise se lève de nouveau, arrachant aux bâches le même bruissement léger, désolé.
Enfin, tu dis : "Si seulement je t'avais prise en photo. Rien qu'une fois."
Dennis Lehane. Avant Gwen

(ça ne vous fait pas bizarre, à vous, quand le personnage d'un livre porte le même prénom que vous ?)

9.7.07

Des sashimis à Koenji

Un mercredi soir, alors que, comme chaque semaine, j'agitais la main en leur direction en disant "au-revoir", j'ai réalisé que, en France, je ne me séparais pas des gens de cette façon. Je me suis souvenue qu'on s'embrassait, j'ai tendance à l'oublier. Et que même des quasi-inconnus faisaient ce mouvement de tendre leur visage vers le mien et ça ne m'enchantait pas.


On avait fini de manger nos parts de gâteaux. On avait parlé d'acqueducs et de chaussées trouées. De proposer trois fois le prix de sa course à un taxi. D'avoir la tête de son voisin de train sur son épaule parce qu'il s'est endormi. De nettoyer les rampes des escalators. De louer un trois pièces et demi.
Quand on s'est dit que c'était une drôle d'idée d'avoir saisi le prétexte de son voyage pour me faire parvenir ce cd plutôt que de me l'envoyer, tout simplement.
C'était une drôle d'idée. Mais c'était une belle rencontre et on ne l'a pas regrettée.

Et, dans le couloir du train, je n'ai pas agité la main : nous nous sommes embrassées et moi, j'aurais bien eu envie, plutôt que de dire au revoir, de dire à plus tard. A plus tard, Julie et Mélanie, à plus tard, à bientôt, à quand vous voulez pour manger des sashimis à Koenji.

8.7.07

Haute couture


Si j'avais pour marraine la fée des lilas, ah oui, assurément, je lui demanderais autre chose que tous les moyens qui existent pour embêter mon père !

Je ne lui commanderais pas non plus des robes couleur du temps -somme toute assez démodées et, surtout, très peu pratiques pour cuisiner- ou une peau d'âne -déjà que ça va à peine à Catherine Deneuve alors sur moi, ça serait juste ridicule.

Non, je lui demanderais plutôt une garde-robe à l'exacte couleur émouvante de ces pétales.
(Et aussi une paire de draps rose rose de Koenji)

Ou bien je lui dirais de s'inspirer des robes à fleurs de Madame Gâ qui -j'en suis sûre- m'iraient parfaitement...

... Et, tant qu'on y est, si je pouvais poser une option sur la couleur de cheveux... Parce que blanc, ce serait finalement mieux que ce mélange là. Non ???

7.7.07

Le jour des lotus

Comme il est fatigant de passer la journée à me battre avec moi-même et tâcher de ne plus remettre au lendemain tout ce que je m'obstine à reporter depuis le début de la semaine.
Mais, à 17H, il est question de Bach dans son mail.
Et quelqu'un, dans le quartier, s'est mis au piano.
Alors moi, je me suis mise au balcon.
Le soleil n'était levé que depuis deux heures mais, à le voir teinter de rose l'hôtel Cosmo, j'ai décidé qu'il était temps de ne pas remettre les lotus au lendemain.

Il était temps d'aller à Ueno si je voulais voir le coucher de soleil sur la mer.
Car, à mes yeux, les feuilles vertes qui s'agitent mollement dans le vent sont une vraie marée verte.

J'ai enfilé la chemise rose-rose qu'elle m'a offerte. Comme elle dénude mon épaule, je me suis sentie légère, plus légère tout à coup.

J'ai glissé mon écharpe bleue dans mon sac. J'ai glissé mon iPod dans ma poche et, dans ma poche, il y a encore du sable.
Et je me suis hâtée comme si je courais à un rendez-vous galant.

A Ueno, à la tombée de la nuit, il y a des centaines de chants d'oiseaux. Et les lampions s'allument.

Alors, comme promis, le soleil s'est couché.

Il y a ces instants purs et parfaits où le monde s'accorde si simplement, si légèrement.

J'ai remis à demain le fait de me compliquer la vie.

6.7.07

Ex

Madame Gâ a beaucoup de patience, elle qui m'écoute sans broncher parler de mon ex pendant plus d'une demi-heure.

Je lui raconte son caractère de cochon notoire.
Son apparente froideur au premier abord.
Son côté casanier.
Sa tendance à l'hypocondrie.
Son exclusivité un peu fatigante.
Sa manie de vouloir me mordre au plus fort de nos câlins.

Mais aussi :
ses câlins, justement.
L'accueil qu'il me réservait quand je rentrais -le bruit de ses pas dans l'escalier quand il quittait le bureau pour venir me voir.
La manière qu'il avait de sentir mon parfum à force de s'entourer de mes vêtements.
La peau de son ventre. Incroyablement douce. Que j'aimais embrasser. Que je ne me lassais pas de caresser.
La joie de le retrouver quand nous étions séparés, scander son nom en introduisant la clé dans la serrure.
(...)

Quelle chose étrange que la langue française qui me fait dire que, durant 12 ans, j'ai été la maîtresse de ce chat gris, de cet emmerdeur joli..


Aux dernières nouvelles, Médor est toujours le seigneur du château et règne en despote sur la maisonnée qui a bien voulu l'accueillir...

5.7.07

C'est jeudi !

Ma prof de violon me reprochait -entre autres- deux choses :

-de m'évanouir pendant ses cours. Aussi, elle exigea que je voie un médecin.

-de ne pas savoir bien regarder. Aussi, elle me demanda de noter sur un carnet au moins cinq détails que j'avais observés pendant la semaine qui séparait deux de mes cours.
Le moment où je les lui relatais devint vite mon préféré de toute la leçon...
Finalement, c'est un peu comme si, dès l'âge de douze ans, je m'étais mise à tenir un blog !

Je ne joue plus du violon. Madame Gâ a arrêté aussi. (Ce n'est pas notre seul point commun)
Mais, à présent, tous les jeudis, nous échangeons les détails de nos semaines.
Retrouvez notre correspondance !

4.7.07

Les mots sont mes amis (4)

(Mon nom a été cité ici. Et merci. Je n'aime pas trop les questionnaires... Mais ceci est une espèce de réponse. Si on veut...)


Il y a ce grenier français empli de nos milliers de livres. Ces livres amis et fondateurs maintenant au bois dormant.

Il y a cet endroit, dans ma mémoire, où continuent à vivre ces pages. Là même où se trouve aussi le souvenir de la fourrure de Médor, du bleu de la théière, de la chaleur du plaid, des dimanches passés à deux et à lire dans la chambre d'amis.

Il y a ces fulgurances, ces échardes sous la peau.
La voix de Julien Gracq et, soudain, le besoin presque douloureux d'avoir en main mon exemplaire éprouvé du Château d'Argol.
Les lames effilées des chefs sushis qui caressent et tranchent les chairs... Me reviennent les heures en cuisine, la recette de la Seiche de Maryline Desbiolles.
Lui ne dort pas : confié à Christine, le Coeur si blanc de Javier Marias continue de battre. J'irai lui reprendre.
Un jour de juin 2003, ma voix pour son Rapport sur moi s'est étranglée puis perdue. Dans un autre format, Grégoire Bouillier m'a rejointe au Japon et fait partie des fondations de ma bibliothèque en construction.



Nous sommes constitués de 80% d'eau. Du reste, je ne connais pas trop les noms. (De musique, un peu, oui).
Je ne sais pas pour celle des autres mais ma matière organique est faite aussi de mots. Au liquide rouge de mes veines est mélangé un peu de ce grenier, et de tant et tant d'autres bibliothèques.

3.7.07

Tuesday self portrait (au régime)


Quand on a quelques kilos en trop, on peut -certes- choisir de se mettre au régime...

Mais on peut -aussi- choisir de passer sa vie devant ces miroirs magiques qui donnent une autre allure à la vie...

2.7.07

Ce que dit la petite sirène

Sa bouche sourit mais pas ses yeux.

Elle fait la brave, cette petite sirène mais quand le vernis s'écaille, on devine qu'elle se dit "tout ça pour ça"...
Fillettes, fillettes, retenez la leçon : ne sacrifiez jamais vos belles écailles vernies pour les yeux d'un garçon... (le reste non plus, le moins possible, il n'y a pas de raison : ils sont assez nombreux à nous aimer et nous aimer pour de bon, même si nous n'avons ni les jambes ni la voix d'une sirène... )

1.7.07

Dans les ruelles

J'ai du mal à expliquer pourquoi mais ces journées font partie de celles que je préfère au monde.

Ce matin, je m'éveille avec l'envie de marcher et d'aller tâter des ruelles, explorer un pan méconnu de la carte de Tokyo.
ça commence à Sugamo où, en guise de petit déjeuner, je mange un onigiri au tarako et un petit pain vapeur au kabocha sur fond de musique hawaïenne.

Ensuite, c'est simple : il me suffit de suivre la voie du tram.

Et de laisser venir à moi les surprises.

Un parc inconnu où c'est l'heure des enfants sur le dos des éléphants et des morses. L'heure des papas dont le poids fait grincer les balançoires.

L'heure d'un voyage immobile et solitaire avant de repartir.
Je bifurque. Tant pis pour le tram. Tant pis -plus encore- quand je découvre un nouveau fil conducteur :

les berges de la rivière tracent un lacet vert et fantaisiste et tranquille dans la ville.

J'y croise de vieilles personnes qui marchent en silence.

Je pourrais marcher pendant des heures.
Je marche pendant des heures.
Laisse aller mon regard, vagabonder mon esprit.

Je pense à lui qui ne trouve pas encore le temps long mais dont les douze heures sans sommeil ne font que commencer.

Je pense à eux, avec qui j'aurais tant aimé partager ces découvertes et qui s'éveillent pour la première fois dans leur nouveau décor.
Je pense à elle et à notre rendez-vous du 16 juillet.

Je pense à lui, dans le milieu de sa nuit.

A ne croiser aucun visage occidental, j'en oublie que je n'ai pas les yeux bridés.
Puis, sur le chemin du retour, ne pas résister au crouton encore chaud de la baguette Kaiser. C'est vrai : je suis Française.
Mais, ici, tellement chez moi.

30.6.07

Urbaine, décidément

Parce qu'il y a du vent aujourd'hui, et des nuages juste ce qu'il faut, il est à nouveau agréable de marcher dans les rues et suivre à pied la voie de la Yamanote, de Hiroo à Shibuya plutôt que de rechercher à tout prix son air climatisé.

Marcher sans horaire, sans impératif.

Et, tranquillement, emplir le ventre du Lumix de ces écritures urbaines,

Ces broderies industrielles et colorées.

A me voir si bien assortie aux miroirs de Tokyo, je me dis que, à coup sûr, mon reflet y demeure quand moi, je m'en éloigne...

29.6.07

Une déclaration

"La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide."
Il est des histoires qui ne commencent pas sous les meilleurs auspices...
Et moi aussi, quand je l'ai vu la première fois, j'ai été déçue.
Et j'ai réalisé mon inconséquence, mon inconscience -je ne sais même pas comment appeler ça- qui m'avait poussée à signer, sans l'avoir rencontré, ce contrat qui liait à lui mes jours et mes nuits...
C'est vrai, ça : c'est lui que j'allais voir à chaque réveil, tous les jours. C'est lui que j'allais retrouver tous les soirs.
Mais qui s'engage ainsi à l'aveuglette, sur la foi de belles paroles ?
Oui, ce premier jour, je me suis demandée ce qui m'avait pris...
Et puis...
Et puis, très vite, il a su me séduire.
Grâce à son calme immuable, sa bonne situation, ses rapports de bon voisinage, son accueil réconfortant...
Très vite, nous sommes devenus très intimes et il sait tout de moi. Il est témoin de mes excès, de mes faiblesses, de mes éclats de rire. Compagnon de mes nuits courtes ou blanches, il veille sur mes siestes anarchiques...
A présent, je ne lui trouve que des qualités et je suis secrètement fière que tous mes amis soient également sensibles à son charme.

Ah oui, vraiment, ce palazetto a tout d'un palace et, chez lui, je me sens un peu reine !
J'aime tout de lui, j'aime toutes ses pièces, de la chambre au grenier, de la bibliothèque au dressing... du salon au balcon, à l'heure du vent et du oolong.





28.6.07

C'est jeudi !



Contrairement à l'idée que beaucoup s'en font, Madame Gâ n'est pas Japonaise. Si elle l'était, ça serait moins facile de lui écrire tous les jeudis.

27.6.07

Trois bonnes adresses

Cet après-midi de novembre, au dernier étage, devant un lait de soja et la ville qui s'étendait devant nous, nous avions constaté à quel point notre vie était simple et belle.
Mais, le soir même, on s'était employé à compliquer la mienne...

Il est des portes qu'il faut savoir claquer.
Il est des lieux qu'il faut savoir partager.

Un restaurant de tofu à Ebisu. Un salon de thé à Takadanobaba.

Et le Canal Café. Evidemment.