11.8.08

"J'ai tant d'appétit pour les choses de la vie qui ne se mangent pas, je dévore tout ce qui s'écrit"*

Mamy lisait Femmes d'aujourd'hui. Les mots croisés l'occupaient quelques débuts d'après-midi avec une tasse de chicorée, avant que sa tête bascule le temps d'une sieste quotidienne.
Moi, j'y lisais "les petites chipies". Mais je me souviens aussi des recettes de cuisine.
On était loin encore de la solution pratique du plat unique et les menus suggérés par l'hebdomadaire n'omettaient jamais ni l'entrée ni le dessert et un seul de ces repas suffirait, à présent, à me nourrir pendant une semaine.
Tomates farcies, ratatouilles, pomme de terre en accompagnement, fruits de saison en compote, pain et yaourts maison, petits pots de crème à la vanille... La cuisine de tous les jours de Mamy était simple et savoureuse et je n'ai jamais fait le rapprochement entre ses recettes et celles de Femmes d'aujourd'hui. Pourtant, il lui arrivait de s'en inspirer.
C'était l'époque où il était préférable que le résultat final ne soit pas trop proche de la photo de la recette car tous les plats représentés ressemblaient à une espèce de bouillie déjà mâchée.

Les temps ont changé et les modes culinaires défilent : apéros dînatoires, cakes à tout, pâtes à toutes les sauces, déferlante japonaise...
Les photographes font, à présent, des merveilles. Au point de me faire rêver devant des plats que, dans la réalité, je n'aimerais pas manger.

"Je passe environ vingt heures par semaine sous le régime de Raino, et je développe des photos de gratins de pomme de terre, de cervelas chaudement fumants et de pâtés délicieux. J'apprends un tas d'astuces spéciales. Sais-tu par exemple comment on prend en photo le portrait le plus délicieux d'une tasse de café ? On remplit la tasse de sauce de soja et on y ajoute quelques gouttes écumantes d'un produit vaisselle. Ainsi, on évite la couche moche qui se forme d'habitude sur la surface du café ! des méthodes comme celle-ci réaniment ma fascination pour la magie de la photographie. Quelle autre expression a une relation aussi privilégiée envers la réalité qu'elle est capable d'augmenter ton envie de boire un café à la vue d'une tasse de sauce soja ?"
Jonas Hassen Khemiri. Montecore, un tigre unique.

Qu'est-ce qui peut expliquer que chaque repas, pourtant léger, me rend le ventre lourd et tendu comme si j'avais avalé les sept petits biquets sans mâcher correctement ???
En ce moment, regarder de jolies recettes suffit à me rassasier, chez les Chéchés ou chez Patoumi (qui lit en mangeant, elle !), par exemple...

Mais, parfois, je consacre tout de même quelques minutes de ma soirée à la préparation d'un gâteau au kinako à savourer au lever du soleil.


Et puis... Belle récolte, aujourd'hui, au Book off dont le café ressemble à une agréable salle de lecture mais dont la carte ne comporte rien de mangeable et où je pourrais chanter en choeur avec *Jeanne Balibar :
-Anthologie de l'humour noir d'André Breton.
-Signe ascendant d'André Breton.
-Les choses de Georges Perec.
-Joachim a des ennuis de Sempé et Goscinny.
-Celui qui ne m'accompagnait pas de Maurice Blanchot.
-Les jours s'en vont je demeure de Pierre Bergé.
-Bon baiser de Paris de Nathalie Lété et Frédéric Rey.
-Models, images of women de Peter Lindberg.

10.8.08

Deux cent quarante-trois cartes postales en couleurs véritables (7)


C'est un dimanche tranquille. Un souffle de vent sèche le drap et agite doucement la feuille de washi devant ma fenêtre. La note de pamplemousse du thé des Fakirs répond à celles de Shubert égrenées par Valéry Afanassiev. Je relis ses lettres comme pour la première fois.
Et, à vous, j'adresse une nouvelle carte postale signée Georges Perec.

On est à l'hôtel de France. Bouffe et service impecc. Je lis Proust. Bises.

9.8.08

Du vrac (une rétrospective)

Chaque jour commence dans le bleu et quand la Yamanote me fait faux bond, c'est le bus qui me conduit à Ueno. Et je voyage avec François Truffaut.

Au Bad Ass café, le visage des filles est très rond et de la crème chantilly surplombe leur boisson.

A Jimbocho, on me dit "bonjour monsieur".
Dans les livres que j'achète d'occasion, rares sont ceux qui sont noircis d'annotations, de traductions ou d'interrogations au-delà du premier chapitre.

J'assortis mes yeux au bleu de Monastir. A avoir froid dans les cafés, on oublie à quel point il peut faire chaud de l'autre côté de la vitre.

Sur le quai n°7 se succèdent les trains ("abunai desu kara kiroi sen made...."), les courants d'air chaud et les mails qui font trembler mon téléphone, au creux de ma main. Quand ils sont au nombre de 994, ma boîte sature. Ils sont au nombre de 994. Et portent tous la même signature.

Dans les cafés, je dors, je lis, je bois des laits chauds, je bois des thés glacés, je rêve de savoir utiliser des crayons de couleur.

A l'Excelsior, en avance sur l'heure de mon rendez-vous, je m'extrais de tous les sons mêlés -conversations, musique, bruits de percolator, de couverts, de chaises- afin de poursuivre ma lecture.
Je ne peux, en revanche, faire abstraction du bruit des sacs plastiques que ma voisine -une vieille dame qui parle toute seule- agite et froisse en transvasant ses courses. Elle finit par les plier avec un soin maniaque, en les lissant contre le bord de la table et c'est comme si c'était contre mes nerfs.

(Anne-James Chaton en lecture) 
Au Flying teapot, on rit à l'évocation d'Hubert Mounier et les musiciens jouent un peu comme si on n'était pas là. J'aurais aimé que la lecture dure et dure. Et, avant de donner nos adresses mail, on parle coiffure.

En traversant la nuit à vélo, j'écoute Tarwater. D'une fenêtre ouverte s'échappe l'odeur forte et caractéristique des tatamis en été. Un de mes premiers souvenirs de Tokyo. Il y a trois ans.

"J'ai préféré ma paresse, la solitude ouatée des souvenirs obliques. Qu'importe : on n'écrit jamais que sur soi."
Jean-Baptiste Harang.

8.8.08

Un tigre, un thé oolong et des lotus en fleurs

Quand Madame Gâ choisit un livre, elle préfère ne rien en savoir.

Elle ne lit pas les quatrièmes de couverture, parcourt en diagonale les critiques, les suspectant de trop lui en dire, se bouche les oreilles pendant une bonne partie des émissions littéraires.
Elle collectionne les listes des livres qui lui donnent envie pour une raison ou pour une autre mais les oublie systématiquement et ressort des librairies les bras chargés d'autres titres après avoir flâné dans les rayons.

Du livre que Mme Gâ m'a offert, je ne vous en dirai pas tellement davantage qu'elle n'en savait en le choisissant :
-il débute en Tunisie et s'achève en Suède.
-on y croise les noms de Capa, Cartier Bresson et Avedon mais aussi ceux de Sting, Arundhati Roy et Noam Chomsky.
-la couverture est belle et la maison d'édition (Le serpent à plumes) se trompe rarement.
-je l'ai lu le temps de trois petits déjeuners auprès des lotus de Ueno, le refermant à 10H, quand rester à l'ombre sans fournir d'autre effort que celui de tourner les pages suffit à ruisseler de transpiration.
-j'ai souvent souri, souvent corné des pages pour les relire plus tard.
-j'ai souvent oublié où je me trouvais réellement sauf vers la fin où je me suis rappelée que, moi aussi, je vivais à l'étranger.
-j'ai vite cessé de me demander la raison d'un tel titre et heureusement puisque ce n'est que dans l'épilogue qu'on (ne) l'apprend (pas).
Pour toutes ces raisons, je remercie Mme Gâ de son choix et vous conseille la lecture de Montecore, tigre unique de Jonas Hassen Khemiri.

"Les règles linguistiques de Khemiri (& Kadir)
Formulées dans l'attente de clients photographiques au printemps 1987.

Règle de base 1
Le suédois est une langue empruntée. Si tu doutes d'un mot suédois, choisis l'équivalent français. Ou anglais. Cela économise beaucoup de temps d'acquisition du vocabulaire. Les Suédois sont un peuple rapidement influencé par leur environnement.

Ceci fut notre règle linguistique initiale. Dans notre cahier, nous collectionnâmes ensuite une quantité monstrueuse de correspondances entre le suédois, le français et l'anglais, afin de construire efficacement notre vocabulaire. Un tableau à deux colonnes alignait des substantifs comme bredouille, chaise longue, porte-monnaie, pissoir, liés entre eux par des flèches. Les adjectifs incluaient des mots comme réservé, excellent, vital. Nous consacrâmes toute une page aux verbes, ici on trouve localiser, terminer, négliger, marcher, répondre, loger.

(...)
Règle de base 10
Les Suédois sont aussi le peuple du corps et surtout des cheveux. Les coiffures sont très importantes en Suède, la profession de coiffeur confère une certaine renommée et cela peut être constaté dans la pratique linguale des Suédois. Pleinement se dit "corps et âme", des choses incertaines sont "suspendues à un cheveu", celui qui se trompe juge "le chien sur le poil", quand on est subtil, on "coupe les cheveux en quatre" et si on se prépare à quelque chose on se "coiffe". "Ne courbe pas un cheveu sur la tête de ton ami" et ne te fais pas de "cheveux gris" en essayant de faire des choses "tirées par les cheveux".

Ce furent nos dix règles. Nous pourrions conclure ce passage par l'hommage répété de ton père à l'excellence poétique du suédois (ceci n'est en effet pas écrit dans notre cahier). Tu t'en souviens ? Il disait ceci :

Faisons résonner nos cris : Le suédois est la langue de l'emprunt, de la mélodie, de la laiterie, de la nature, des animaux et de la belle coiffure ! Et de l'optimisme ! Le suédois est la langue dans laquelle la fin étroite d'une ruelle ne s'appelle ni "morte fin" (comme en anglais), ni "cul d'un sac" (comme en français). En Suède, le retour, le compromis, l'esquive sont une éternelle alternative. Ainsi cette ruelle s'appelle en suédois... la ruelle du retour."

7.8.08

C'est jeudi !


"L'inconvénient, dans les voyages, c'est qu'on n'y avait pas toujours le contrôle de son temps : il fallait le remplir et se laisser remplir par lui. En dehors de chez soi, par exemple, il fallait accepter d'être cuisiné par les autres, me suis-je prise à penser, manger ce qu'on vous donne, ce qui réclame un effort particulier. Ainsi les petits restaurants me font penser à ma mère, le choix en plus; on n'y est jamais responsable, ni du faire, ni de ce qu'on met dans la casserole, on n'est responsable de rien."
Tiphaine Samoyault. Les indulgences.
C'est jeudi et, entre deux pages lues à Ueno, je poste ICI quelques instantanés à Madame Gâ qui est rentrée de voyage.

6.8.08

Une si jolie tea-party et un cadeau gourmand (merci, merci pour tout)

C'est un moment dont je me souviendrai à chaque fois que j'enfilerai les boucles d'oreille en nacre. Au moment de payer, j'ai tourné la tête et je l'ai vue. Alors que nous avions rendez-vous à la gare, à quelques minutes et quelques mètres de là, c'est dans cette jolie boutique que nous nous sommes retrouvées, par hasard. Mais faut-il encore appeler cela du hasard ???
Le thé était vert mais, d'une certaine manière, un peu anglais aussi. Car Alice s'est invitée sans façon à notre table.
J'allais tranquille à ce rendez-vous. Car j'y crois, à ces rencontres nées de l'écrit, ces rencontres qui ne trompent pas, ces instants qui scellent sans surprise ce qu'on savait déjà.
Il n'était pas étonnant non plus -juste évident- d'échanger nos cadeaux et que ce soit des carnets, du papier à noircir ou colorier.
Non je n'ai pas été étonnée mais, même sans surprise, il était très précieux de partager la couleur verte du macha, le jazz de l'endroit et le silence, ce silence si peu encombrant. Il était précieux de découvrir -après son écriture, après son livre préféré- le sourire si généreux de Jenny.

Et puis, en rentrant, une enveloppe dans ma boîte et, grâce à Akiko, le charmant cadeau d'Elise : le livre d'Irène Frain au titre si prometteur (Le bonheur de faire l'amour dans sa cuisine et vice-versa) que je lirai en pensant à notre prochaine rencontre que j'espère moins brève...

5.8.08

Tuesday self portrait (le départ 2)

La veille de son départ, il était encore temps de montrer à Roselyne une adresse qui pourrait encore l'épater et qu'elle aurait envie de photographier.



En revanche, au bout de trois semaines avec moi, elle était au point pour les autoportraits...

4.8.08

Deux cent quarante-trois cartes postales en couleurs véritables (6)

"Ils étaient de ceux qui tiennent pour essentiel la joie de recevoir une lettre. Ils étaient de ceux qui pouvaient la partager."
Yoko Ogawa. La marche de Mina.
Pourvu que vous soyez de ceux-là, vous à qui j'adresse cette carte postale de Georges Perec.

Nous avons posé nos sacs à dos près de Raguse. On se dore au soleil. Bouffe correcte. J'ai quand même réussi à perdre deux kilos. On pense à vous.

3.8.08

La traversée d'un dimanche en solitaire

Roselyne, sache que tout le long de cette journée que tu as passée dans un avion, renouant au fil des heures avec ta réalité française, j'ai pensé à toi.

Avec E., au bord de la mer de lotus, on en a parlé, de ta famille à l'aéroport, des bras qui s'enrouleront autour de ton cou et te consoleront de tout, y compris d'avoir quitté ce pays attachant, cette ville que tu as aimée et habitée.

Après son départ, alors que je trempais la mie blanche dans le gobelet de lait de soja, j'ai décidé de prendre, tous les jours, mon petit déjeuner près des fleurs.

Dans les ruelles de Yanaka, ils ont été plusieurs à s'inviter sur mes photos, me préservant ainsi d'une trop grande solitude.
Mais j'aurais aimé que l'on soit deux à remarquer ces détails là...

J'ai à peine hésité avant de ne pas descendre à mon arrêt : je me suis endormie jusqu'à Shimbashi -pas tout à fait un tour complet- me félicitant d'habiter sur cette ligne circulaire si pratique qui ne s'arrête jamais...

J'ai quelques déficits en matière de sommeil mais je ne regrette rien.

Il a fait chaud, aujourd'hui. J'ai pédalé mollement jusqu'à l'institut et le vent m'entourait comme une couverture. Au retour, mon vélo s'est mis à couiner à chaque coup de pédale comme si je lui infligeais une torture.

J'ai ajouté les livres empruntés à la pile pré-existante. Ces pages sont comme autant de promesses d'heures tranquilles.

Et, ce soir, j'ai fait cuire du kabocha et grillé un mochi.

2.8.08

îliennes

Y a-t-il beaucoup d'îles au monde dont la spécialité culinaire (des petits poissons transparents aux yeux sombres) se mange avec autant de plaisir en sashimis qu'en glace ???
Enoshima est de celles-là.

Les escaliers sont raides mais, au terme de la montée, il y a la terrasse en bois clair et rincé par les saisons, la mer à perte de vue à hauteur des rapaces.

Une grande brune nous accompagne. Si l'on avait le moindre doute, on pourrait vérifier son appartenance à la famille au fait qu'elle ne touche pas à la mayonnaise pour manger son poulpe grillé !

Et puis... Et puis le retour à la terre ferme, le train qui traverse les jardins pour rallier Kamakura, la dernière/première glace à la patate douce, les chats alanguis, le souvenir d'une soirée plus fraîche passée au même endroit, les lotus et le concert au temple, le tofu oboro-yuba qui participe au bonheur, les conseils "moi ma tante" fantaisistes que la nièce subit en riant, la glace au wasabi en accord avec "sa couleur verte", partout ce petit goût d'Italie, un chien offert dans le train...

Et puis... Et puis, la nostalgie qui se dépose sur les paysages en même temps que la nuit.

Oui, je continuerai à manger des dangos au sésame noir. Mais sans ma soeur, malheureusement sans ma soeur.

1.8.08

L'art de la fugue

Devant la bibliothèque agrandie, elle me demande si je peux lui prêter un livre pour l'avion.
Je pense à des mots qui, dans les airs, pourraient prolonger son séjour sur ma terre. Je pense à Sarinagara qui serait une belle manière de lui dire au-revoir.
Mais ce livre fugueur a déjà pris l'avion, un autre jour.
Alors je fais confiance aux Années douces d'Hiromi Kawakami pour prolonger ses sensations, sa présence ici, même loin.

"Ce n'est pas qu'Issa ait trop de respect pour la poésie, qu'il se sente indigne d'elle. Au contraire. Pour s'y livrer avec l'arrogance que les autres y mettent, il manque juste d'assez de sérieux et d'un peu de courage. Il se dit qu'au fond cela suffit et qu'il y a déjà eu assez de mots posés sur le monde au cours des siècles, de poèmes fatigant l'horizon de toute leur solennité vaine, que la lune, l'étang, la neige, les fleurs de cerisier ont bien mérité qu'on les laisse un peu tranquilles, qu'on les abandonne au grand silence calme qui leur convient. Si Issa se résout à écrire, peut-être est-ce avec la certitude que cette décision ne l'engage à rien, que toute histoire est finie, qu'l n'y a rien à ajouter du tout à ce que d'autres ont dit, qu'il est juste question de s'effacer, de fatiguer sa vie dans l'insignifiance paisible d'un temps qui, de toute façon, s'enfuit.
Ecrire, il le sait, est juste une façon de laisser pour personne un signe dans le soir :

au soleil couchant -sur un mur pour toi j'écris-
j'ai été ici."
Philippe Forest. Sarinagara.

(1er août 2008, troisième anniversaire de notre fugue au Japon, début d'une quatrième année douce.)

31.7.08

C'est jeudi !


Je me suis dépêchée : j'ai vite cadré, vite déclenché... Et, réussissant à réunir Madame Gâ et la boîte aux lettres de nos jeudis sur une même photo, j'ai eu l'impression d'être un paparazzi réussissant un scoop incroyable !

30.7.08

Choses dites


Cary m'a dit que, avant d'être mon voisin, il était celui d'un chef sushi qui le menaçait de mort pour avoir convoité sa femme.
J'ai pensé que sa vie devait être nettement moins romanesque depuis qu'il avait déménagé.

Roselyne m'a dit que ça allait lui manquer. Ses lèvres étaient encore couvertes du sésame noir du mochi qu'elle venait de manger.
J'ai pensé qu'à moi, c'est elle qui manquerait.

Clémence m'a dit qu'elle avait trouvé facilement notre lieu de rendez-vous une fois qu'elle s'était aperçue qu'elle allait dans la direction exactement opposée.
J'ai pensé que, dès le lendemain de son arrivée, elle avait déjà compris pas mal de choses de Tokyo.

E. m'a dit que, lorsque le marché aux poissons déménagerait, Tsukiji serait transformé en ateliers d'artistes.
J'ai pensé que c'était un lieu qui avait de belles prédispositions.

Elise m'a dit bonjour avec autant de naturel que si le hasard n'avait pas été le seul à organiser notre rencontre dans cette ruelle d'Omotesando. A sa question, j'ai répondu : "tant que je ne m'en lasserai pas !"
J'ai pensé que je n'étais pas prête de la quitter, cette ville qui me réserve d'aussi réjouissantes surprises.

Il m'a écrit : "c'est cela que je retiens finalement, ce possible futur".
Et j'ai pensé que j'aimerais que sa voix achève de m'en convaincre.

29.7.08

Tuesday self portrait (le départ)

Pendant quinze jours, il a été si simple de les retrouver aux quatre coins de la ville, de partager les bonnes adresses, toutes les sortes de tofus, toutes les sortes de sujets de discussion, les fous-rires, les photos, les coups de soleil, les pique-niques...




... Et puis hier, ils ont dit qu'ils n'allaient pas rentrer tard, pour faire leurs valises.

... Et puis, ce matin, après le petit déjeuner, on a agité la main en disant "à bientôt" comme si on disait "à demain"...

Pendant qu'ils s'éloignent de l'île, je pense à eux. A cet avion dans lequel ils dormiront. 20 minutes environ.