2.5.07

Ikebukuro dans le vent


On peut choisir d'en faire un jeu, de vivre avec ce vent.
L'accepter comme modérateur de soleil. Admettre que c'est grâce à lui qu'il fait pile bon, que la température est idéale.
Il faut juste renoncer au vélo. Ou admettre de reculer au lieu d'avancer.
On peut renoncer à sa veste superflue et la voir, au bout du bras, voler comme un drapeau.
On peut renoncer au brushing impeccable.
On peut renoncer aussi à souffler soi-même et confier au vent le soin de former les bulles de savon.
On peut s'asseoir sur les marches de la ville fantôme. Fermer les yeux. Compter sur les enfants pour pousser des cris d'oiseaux. L'espace d'un instant, se croire à la plage, se croire cerf-volant.
On peut laisser le vent tourner les pages du livre à notre place et lire sur ce mode aléatoire.
On peut laisser filer quelques heures libres d'un après-midi, juste changer de marche au fur et à mesure que le soleil joue à cache-cache avec le sommet des immeubles et gagner quelques taches de rousseur.

(La bande son de cet après-midi est disponible dans la radio. Cliquez et, vous aussi, soyez cerf-volant à Ikebukuro. Une radio qui décoiffe (enfin, un peu) et une berceuse grinçante de Coco Rosie si vous tenez jusque là.)

Et puis...

Et puis quelques polaroïds au pied du carrefour "Blade Runner" d'Ikebukuro.

Dix minutes la tête renversée en arrière et je sens le monoxyde de carbone faire éclore des fleurs sur mes poumons.

Inutile de me demander comment on superpose deux prises de vue sur un même polaroïd, je n'ai pas la formule du tour de magie. Disons plutôt que, à ce moment-là, c'est le hasard qui tenait la baguette...

(Les polas sont photographiés, pas scannés... un peu d'indulgence, please !)

2 commentaires:

madame gâ a dit…

mais c'est un temple!!
oyasumi!

Anonyme a dit…

Ces mots qui ne sonneront plus comme avant ; lorsque vous repasserez à 'Ikebukuro' ; lorsque vous emprunterez la 'Yamanote' ... cette première fois qui n'en sera plus une.

Pays de Neige