31.10.07

Ca pourrait etre lui


"Hitoshi, partout où il allait, ne se séparait jamais d'une clochette qu'il avait accrochée à son porte-cartes.
C'était un cadeau insignifiant que je lui avais fait au moment où nous n'étions pas encore amoureux, sans savoir qu'il ne le quitterait pas jusqu'à la fin.
Nous nous étions connus au lycée, en seconde année, lors d'un voyage scolaire où nous étions l'un et l'autre responsables de nos classes respectives.
Comme chaque classe devait suivre un itinéraire différent, nous nous étions trouvés ensemble seulement à l'aller, dans le Shinkansen. Sur le quai de la gare, nous nous étions amusés à nous faire des adieux solennels en nous serrant la main. Me souvenant soudain que j'avais dans la poche de mon uniforme une clochette qui avait glissé du collier de mon chat, je la lui avais donnée en guise de souvenir. "Qu'est-ce que c'est que ça ?" avait-il dit en riant, mais il l'avait pourtant enveloppée avec beaucoup de soin dans son mouchoir. Ce geste était tellement inattendu de la part d'un garçon de son âge que j'en étais restée tout étonnée.
L'amour ça commence toujours comme ça.
Etait-ce parce que le cadeau venait de moi ? Ou parce que Hitoshi était trop bien élevé pour traiter avec négligence ce qu'on lui offrait ? En tout cas, ce geste spontané me l'avait rendu très sympathique.
Cette clochette avait créé un lien entre nous. Ensuite, pendant tout ce voyage où nous n'étions pas ensemble, elle avait été présente pour l'un et pour l'autre. Chaque fois qu'elle résonnait à son oreille, il pensait à moi et aux jours que nous avions passés à préparer tous les deux ce voyage, et moi je songeais sans cesse à cette clochette qui tintait sous un ciel lointain, et au garçon qui était avec elle. A notre retour a commencé un grand amour."
Banana Yoshimoto. Kitchen.

8 commentaires:

Nicolas a dit…

C'est très beau comme texte...
Et je ne connaissais pas l'auteur : merci de nous avoir fait partager cet extrait !

Anonyme a dit…

je sais qui est lui mais je me demande ce qui pour toi résonne comme une clochette.
peut-être le saurai-je mardi...

(mais tu me répondras que ce n'est qu'un livre et ce n'est pas ta vie - qu'un livre, qu'un livre...?! tu ne vas pas me dire que tu fais les choses au hasard ? pas dans ce domaine !)

véron a dit…

c'est trop loin Shimoda ?

g. a dit…

Sympa le nouveau decor !
Et beau texte.
J'ai si peu de temps pour lire en ce moment mais s'il te plait, me dis pas que je n'avais qu'a pas quitter Bkk pour travailler a nouveau.
g.

Chenican a dit…

Et me revoilà remontant le temps, avec toi qui me laisse le finir alors que tu n'avais rien à te mettre sous la dent ...
Mmmm, mes livres du Japon ont été des perles ... et le resteront !
Je ne réussis pas à faire accepter Bonite comme nom du prochain matou, peut-être que toute la famille devrait faire sa connaissance ?!

Gwen a dit…

Nicolas : mais de rien ! Les livres de Banana Yoshimoto sont touchants... De belles lectures.

Anonyme : parfois c'est la voix d'une fée de mes amies que j'appelle clochette qui résonne longtemps en moi.

Véron : oui et puis...

g : tu n'avais qu'à pas quitter Bkk pour travailler à nouveau !!!!! (je le pense un peu, à vrai dire!!!)

Chenican : essaie Sardine, c'est le nom du chat dans La course au mouton sauvage ! Un chat Murakamien de toute façon !

Mélie a dit…

ohlala, je note dans un coin pour m'y attarder plus tard... :)

re-anonyme a dit…

oh c'est gentil !...