16.6.08

La vie avant les rêves


Il y a ce moment délicieux, quand on se couche, qu'on est bien dans son lit, content de sentir tout son corps allongé, détendu. De, parfois, entendre la pluie au-dehors ou le vent et se savoir bien à l'abri. Ou d'entendre des gens marcher dans la rue et se dire que nous, on est déjà rentré, on est déjà bordé alors qu'ils doivent encore prendre le train.
Ce moment délicieux où le sommeil nous envahit, peu à peu.
Ce moment-là, je ne le vis pas.
Avant même de changer de matelas, alors que tous les ressorts de l'ancien s'enfonçaient dans mes côtes, je ne le vivais pas.
A l'instant où je ferme les yeux, je dors.
Il en est de même dans l'Odakyu.

Mais, ce soir, debout dans le rapid'express qui me ramène à Tokyo, je fais l'effort de ne pas fermer les yeux, de ne pas m'endormir. Afin que mon voyage ne sombre pas complètement dans l'oubli.
Dans la jolie lumière du soleil de la fin d'après-midi, je vois les enfants dans les squares, les promenades des petits chiens, les paysages qui se reflètent dans le miroir des rizières, les lycéens en uniforme qui mangent une glace devant le combini, les jeunes filles pieds nus au milieu de la rivière, les forêts de bambous, les montagnes qui s'éloignent, les barques sur l'eau, les rues piétonnes qui débouchent sur la gare, les appartements désertés pour la journée dans lesquels se glisse un rayon de soleil, le linge qui sèche sur les toits, les hommes en cravate qui fument une cigarette dans l'escalier.

A la fin du voyage, il y a Shinjuku et nous sommes des milliers dans la gare.
Tant de vies croisées en une journée.
En dresser ici l'inventaire, à défaut de pouvoir le faire avant de m'endormir...

3 commentaires:

Cocje a dit…

C'est chouette cette expression "la vie avant les rêves"... je travaille sur le lien étroit et mêlé entre les deux, alors ça me parle, surtout en cette période de bouleversement total. Dans 4 jours je change de vie, et parfois je me demande où se trouve le rêve dans tout ça.
A bientôt (avec moins de décallage horaire !)

Chenican a dit…

Je reviendrai ! Je te lis, je t' imagine, je les imagine tous si bien que je le pense tout haut : Je reviendrai !
Gros becs à ma soeurette du bout du monde !

Gwen a dit…

Cocje, justement, je me demandais quand est-ce que tu partais ! Dis-toi que tout n'est que rêve !!! en tout cas, il va sans doute te falloir un bout de temps avant de te réveiller et c'est ça qui est bien !!! bon voyage et à bientôt !

J'aime bien, Chenican, savoir que ce que je raconte te procure de telles réactions ! J'espère que tu reviendras !