15.6.08

Jaune Verdier

Vous arrive-t-il, à vous aussi, que l'on demande comment vous choisissez vos lectures ?
J'ai posté, hier, une liste de titres dont j'aimerais qu'ils alourdissent la valise de ma soeur, dans un mois.

Ici, pour choisir mes lectures, il me manque les rayons et les tables d'une librairie.
Il me manque d'être attirée par une couverture, par un incipit, par la densité des pages que je feuillette, par quelques mots picorés ça et là.
Les librairies (et tout ce qui s'ensuit : les amis qu'on y croise, les auteurs qu'on y rencontre, les lectures auxquelles on y assiste, les libraires qu'on y connaît, les heures tranquilles qu'on y passe) me manquent plus que je ne saurais le dire.

Au début des années 90, je m'approvisionnais au Livre, à Tours.
Parfois conseillée par Laurent. Parfois en fonction de la couleur de la couverture sans jamais avoir à le regretter.
C'est ainsi que j'ai lu L'enterrement de François Bon, attirée par le jaune des éditions Verdier.

Ce jour-là était bleu et j'étais toute entière dans l'émerveillement du premier matin en France.
Sur la place du Martroi, il y avait quelques tables de bouquinistes. 1 euro La vie mode d'emploi qui, ici, me faisait défaut.
Car il y a aussi ce plaisir-là : celui des livres d'occasion, se laisser surprendre à bas prix, acquérir les mots d'un(e) parfait(e) inconnu(e) sans être particulièrement fortuné.
4 euros le Précis de médecine imaginaire d'Emmanuel Venet. Entamé ce matin sur le balcon, achevé dans l'herbe du botanique... Je n'ai, une fois de plus, pas regretté d'avoir fait confiance au jaune Verdier.

"La rumeur attribue au neurochirurgien Pierre Wertheimer cette phrase, qu'il aurait prononcée à la fin de sa carrière : "J'ai opéré beaucoup de cerveaux, je n'y ai jamais trouvé l'âme." Avec son parfum anticlérical et positiviste, ce propos sonne assez radsoc pour qu'on l'ait pardonné à son auteur. Mais l'âme du vingtième siècle, la Seele de Freud, désigne le psychisme : on pourrait en vouloir à Wertheimer d'avoir alimenté la confusion entre l'organe et sa fonction. Imagine-t-on un facteur de pianos affirmer qu'il a désossé beaucoup d'instruments et qu'il n'y a jamais trouvé de sonate ?"
Emmanuel Venet.

5 commentaires:

Agnès a dit…

J'ai pense cela a Paris. J'ai achete deux livres dont je ne soupconnais pas l'existence, attiree par leurs couvertures, d'autres parce que je les ai feuilletes. Commander on line ce n'est pas la meme chose et on decouvre moins de tresors!

Anonyme a dit…

Malgré les évasions permises, non, jamais croisés une seule fugue sous le capot du piano, pas une gigue, pas une Allemande ni une Polonaise ... ni même un prélude.

Pays de Neige.

Gwen a dit…

Nous partageons les frustrations de l'exil, Agnès ! (mais aussi les joies de l'exil... Et il y en a davantage, n'est-ce pas ?!)

... Trouver une Allemande ou une Polonaise dans son piano, ça ferait un drôle d'effet, non ?!

la brune a dit…

La place du Martroi - si c'est celle d'Orléans - me révèle à moi aussi des merveilles de lectures. Comme toi la couverture attire le regard, puis l'envie d'une découverte.
:-)

Gwen a dit…

oui oui, c'est elle, là où nous aurions pu nous croiser !!!