9.11.08

La photographie est saisissante


9H.
Tofu à la patate douce, gâteau à la purée d'amandes et au macha, thé Margaret's hope du Palais des thés.
Suites pour violoncelle seul. J.S. Bach. Yo-Yo Ma.
L'instant et son ombre. Jean-Christophe Bailly. Editions du Seuil. Collection Fiction & cie.

11H.
Thé fumé Lapsang Souchong de chez Mariages Frères.
Baroque violin favorites. Unno Yoshio.
Les peintres de la vie moderne. Donation-collection photographique de la Caisse des Dépôts. Editions du Centre Pompidou.
Le temps des pionniers. A travers les collections de la société française de photographie. Photopoche.
Asian view. Asia in transition. Editions du Tokyo Metropolitan Museum of photography.
Personal Exposures. Elliott Erwitt. Editions W.W. Norton & Company.

13H45.
Riz au tororo, salade et thé vert. Nana's green tea. Ochanomizu.
Les Beatles version bossa nova.

17H.
Mochi au marron. Thé Keemun du Madomado Café (Kôbe).
Brad Mehldau. Live in Tokyo.
Ecriture sépia.

"Pour rester dans l'espace lexical de Duchamp (toujours si précis, si utile), on pourrait dire que la photographie opère dans le temps et l'espace un stoppage : un cadrage, survenant sur l'instant qu'il capture, empêche le temps de filer. Le référent qui est saisi dans ce cadrage peut n'être pas plus important qu'une simple remarque, mais cette remarque se suspend pour toujours : c'est le caractère nécessairement insaisissable de l'instant qui est nié -l'arrêt sur image en quoi consiste la photographie est pure invention, aucun regard animal ou humain, si fixe soit-il, ne peut accéder à ce vertige d'immobilité définitive. Or justement toute photographie est définitive, il est de l'essence de la photographie d'être ce graphe que plus rien n'est en droit ou en passe d'affecter. Au sens strict, la photographie est stupéfiante, et elle l'est toujours : même si le numérique donne au suspens photographique le caractère d'une extrême facilité d'effacement, il y a toujours cet instant de la formation, fixation en image, qui demeure saisissant. On pourrait même dire qu'en substituant un écran qui capte l'image au viseur qui la préparait ou la suggérait dans les appareils traditionnels, la technique numérique est venue augmenter encore l'aspect stupéfiant de la mise en image du réel par la photographie, quitte à la diluer dans une sorte de pseudo-prise discontinue."
Jean-Christophe Bailly. L'instant et son ombre.

6 commentaires:

Clea a dit…

J'aurais bien aimé être là !

christine a dit…

Je viens presque tous les jours et ne suis jamais déçue du voyage.

Christine Rochefort via Londres(Z.)

Gwen a dit…

Cléa, prends ton cache-nez et viens quand tu veux !
Christine, merci de votre fidélité ! (moi aussi, je fais souvent escale à Londres ! Le temps d'un compte-rendu de film ou d'un thé gourmand !!!)

madame gâ a dit…

(le beau bleu de la belle tasse...)
j'aimerais lire ton année entiere de cette facon.

le consul a dit…

très juste et parfaite la citation de Bailly. J'avais relevé la même. Son livre est vraiment remarquable.

mllevie a dit…

CE post est saisissant. Je veux dire, plus encore que les autres.