1.9.09

Tuesday self portrait (Ma rentrée littéraire 2 : Correspondance de Mishima et Kawabata)

"J'ai longtemps pensé que pour réfléchir à l'essentiel, il fallait prendre le temps de vivre, car à travers cela s'élaborait la littérature."

"J'ai été surpris de voir à quel point les Américains que je rencontrais étaient sympathiques, mais ce n'est pas tout à fait la même chose d'être sympathique et d'avoir de la personnalité, et pour ce qui est de celle-ci, personne ne peut rivaliser avec les étrangers qui résident longtemps dans notre pays. Bref, le Japon donne de la "saveur" aux gens."
Mishima. Lettre à Kawabata. 13 février 1952

5 commentaires:

elsia a dit…

Écho intéressant à cette sympathie américaine : je viens de démarrer le dernier livre de Stephen Fry, version écrite de son documentaire-exploration des Etats-Unis, sobrement intitulée 'Stephen Fry in America'...
"If I were to run out of petrol in the middle of the night I would feel more confident about knocking on the door of an American home than one in any country I know - including my own.", dit-il. A tester.
Tout comme la saveur de l'Américain-résident-permanent au-Japon ?

Dvorah a dit…

Gwen, je vous imagine avec la saveur...du thé vert ?

Valérie a dit…

Décidément ce Kawabata si en plus il nous fait des compliments!
le mot est si bien choisit ... plus de saveur pas plus de vérité, non plus de saveur!
Serait-il possible que l'on arrive jamais à maturation dans son propre pays ? qu'il faille effectivement aller si loin pour se laisser reposer et enfin se goûter?
Et que oui le japon n'est pas que l'ailleurs , il a quelque chose de plus qu'il donne à ses étrangers;
il offre une liberté de se perdre que l'on ne trouverait pas ailleurs je crois, tant cette perte de soi est ici élevée au rang de la spiritualité,
Il nous permet de ne plus être pour enfin vivre,
un peu plus libre peut être...

Gwen a dit…

Elsia : à tester mais... pas par moi !!!
Dvorah : je suis mal placée pour le savoir mais... certains diraient peut-être macha, à cause de l'amertume !
Valérie : C'est une lettre de Mishima et je ne suis pas sûre qu'il s'agisse d'un compliment à notre égard !!!
Mais oui, en effet, le Japon nous donne un certain goût de liberté...

Anonyme a dit…

et si cette "saveur" n'était pas restituée à cet indéfinissable pays de saveur ?

et si, finalement, ce soi perdu n'était pas tout simplement un ailleurs ?