15.11.06

Une certaine idée du luxe


Je monte dans le train à Shibuya. Pas de place assise, j'ai l'habitude. Les portes se referment. La voix dans le haut parleur (nibansen ni doao shimarimasu !) se tait.
Je ne suis pas à côté d'eux mais je les entends.
L'un raconte à l'autre son expérience d'attaché parlementaire. Comment il l'est devenu. Son stress lors du premier discours à écrire. Il y a un anniversaire chez lui dimanche. Il espère que l'autre y viendra avec ses enfants.
Soudain bilingue ?!
Pas tout à fait encore !
Ce soir, je réalise que j'avais complètement oublié ce que c'est que de comprendre sans effort, sans le vouloir, des conversations en français qui ne me sont pas destinées... Et à quel point pouvoir remiser le brouhaha du train en bruit de fond sans importance pour me consacrer entièrement au sommeil, à la lecture, à l'écriture, aux pensées vagabondes... est le grand luxe de la vie à l'étranger.

5 commentaires:

camomille a dit…

Oui, c'est un luxe qu'on ne réalise pas vraiment.Quand je suis revenue en France, je trouvais très indiscret de comprendre toutes les conversations autour de moi. Bizarre même...

akaieric a dit…

Une excuse pour ne pas continuer les cours de japonais?

G. a dit…

Je comprends parfois les conversations japonaises (l'autre fois au canal café, une femme qui annonce sa grossesse à ses copines) mais, forcément, ça me demande un minimum de concentration. Et donc, c'est un choix ! Si je veux me déconnecter, rien ne vient me déranger !

akaieric a dit…

C'est bizarre, moi j'arrive à me déconnecter même avec des conversations en français. Parfois même quand c'est à moi qu'on parle... Mmffh...

Camille a dit…

laisse moi deviner, akaieric, tu ne serais pas un mec, par hasard?