25.8.08

Le masque et le plumeau

Pour oublier que je n'aime pas ce que je suis en train de faire, j'enclenche un podcast et je monte le volume afin d'entendre l'émission même quand je passe l'aspirateur ou que je nettoie ma baignoire.

Ce matin, c'est le Masque et la plume que j'écoute.

"Ce film démontre qu'il n'a absolument plus rien à dire. Et ce "rien à dire", il le dit d'une façon absolument parfaite ! Il ne manque pas un bouton de guêtre à sa caméra !".
S'il l'avait su, j'imagine que Charensol n'aurait pas moins critiqué les travellings de la Peau douce mais il a été aussi surpris que les autres quand Michel Polac a annoncé que François Truffaut était dans la salle !
"Je crois qu'on ne répond pas à Charensol ! J'ai vraiment envie d'être plus puissant que je ne le suis et de lui donner une caméra pour qu'il fasse un court métrage parce que ça ferait vraiment rire tout le monde je crois !"
Ce soir de 1964, le cinéaste a été plus convainquant que le critique.
(la série d'émissions sur Truffaut est encore en écoute...)

C'est drôle comme le Masque et la plume, de l'avis de tout le monde, était toujours "mieux avant" même si cet "avant" n'est jamais le même selon l'âge de l'auditeur...

C'est drôle comme tout le monde a des souvenirs rattachés à cette émission et que, même s'ils sont différents (un retour à l'internat, une odeur de soupe, des devoirs pas encore faits pour le lendemain...), ils ont tous la couleur un peu délétère des dimanches soirs, ils font partie de notre socle commun.

Moi, je me souviens de la voix de Jacques Siclier mais aussi de ce que ma mère me disait de celle de Jean-Louis Bory.
De l'année où, me levant à 4H30 le lendemain pour aller travailler, le générique de fin était aussi celui de la fin de ma soirée.
Du soir où, avec E., on n'avait pas attendu ce générique pour nous précipiter au cinéma pour voir un film (mais j'ai oublié lequel) dont on venait d'entendre parler.

Quand l'appartement a été propre, je me suis attablée devant mon petit déjeuner en écoutant le Masque de la veille et en regardant le gris du ciel.
ça m'a donné l'envie d'aller au cinéma. Pas celle de laver les vitres.

2 commentaires:

E. a dit…

c'était "la vie ne me fait pas peur" de Lvosky.... eh eh déficiente mémoire...

Gwen a dit…

Humaine mémoire ! Merci d'en combler les failles !