23.6.07

Reste(z)


Il est des habitudes que je n'ai pas envie de prendre.
Je ne veux pas que, chaque week end, le tofu ait un goût de départ.
Je ne veux pas que, chaque week end, les pique-niques soient des au-revoirs.
Je sais comment faire -je suis si souvent celle qui reste- : lever la main en direction du taxi, du vélo, du visage qui s'éloigne. Et l'agiter. Et sourire encore.
Ou rester sur le seuil, être celle qui reste sur le pallier.
Et dire "on s'écrira" et le faire, le faire. En sachant que ces mots n'auront pas cette saveur de proximité de ceux qu'on échange debout dans le couloir ("mais entre, entre, Gwen !), qu'on échange sur nos téléphones ("Super temps. bonheur. a tout de suite") ou sur nos écrans d'ordinateur ("un sushi demain midi, amie Alli ?!").

Je suis celle qui reste. Je souris. J'agite la main.
Mais, à l'intérieur : Revenez vite, je vous attends, revenez vite s'il vous plait.

Le ciel de Tokyo est bien trop intense, bien trop immense pour ne pas vouloir le partager.

5 commentaires:

chenican a dit…

il n'y pas de re avec moi mais on est à J-30 ... ça compte ?

Mélie a dit…

et hop, une larme...

marie-eirma a dit…

Oui...ça fait un grand vide d'un coup...pour moi c'était hier soir l'aurevoir à tes voisins bientôt kobéiens -mais on espère aller voir la mer de là-bas- et le dernier dernier verre avec Julie...comme un goût pas agréable du tout de page qui se tourne...Ca devait être ça, l'amertume du pastis aux plantes.

BertranD a dit…

Toi aussi tu collectionnes les "au revoir" comme autant de petites cicatrices...

Anonyme a dit…

Expatrié aussi, non, ils n'étaient pas restés, tous étaient repartis mais ils m'avaient si bien accompagné ici ...

Pays de Neige.