1.7.07

Dans les ruelles

J'ai du mal à expliquer pourquoi mais ces journées font partie de celles que je préfère au monde.

Ce matin, je m'éveille avec l'envie de marcher et d'aller tâter des ruelles, explorer un pan méconnu de la carte de Tokyo.
ça commence à Sugamo où, en guise de petit déjeuner, je mange un onigiri au tarako et un petit pain vapeur au kabocha sur fond de musique hawaïenne.

Ensuite, c'est simple : il me suffit de suivre la voie du tram.

Et de laisser venir à moi les surprises.

Un parc inconnu où c'est l'heure des enfants sur le dos des éléphants et des morses. L'heure des papas dont le poids fait grincer les balançoires.

L'heure d'un voyage immobile et solitaire avant de repartir.
Je bifurque. Tant pis pour le tram. Tant pis -plus encore- quand je découvre un nouveau fil conducteur :

les berges de la rivière tracent un lacet vert et fantaisiste et tranquille dans la ville.

J'y croise de vieilles personnes qui marchent en silence.

Je pourrais marcher pendant des heures.
Je marche pendant des heures.
Laisse aller mon regard, vagabonder mon esprit.

Je pense à lui qui ne trouve pas encore le temps long mais dont les douze heures sans sommeil ne font que commencer.

Je pense à eux, avec qui j'aurais tant aimé partager ces découvertes et qui s'éveillent pour la première fois dans leur nouveau décor.
Je pense à elle et à notre rendez-vous du 16 juillet.

Je pense à lui, dans le milieu de sa nuit.

A ne croiser aucun visage occidental, j'en oublie que je n'ai pas les yeux bridés.
Puis, sur le chemin du retour, ne pas résister au crouton encore chaud de la baguette Kaiser. C'est vrai : je suis Française.
Mais, ici, tellement chez moi.

5 commentaires:

elsia a dit…

mais française de là-bas, statut particulier, étrangère comme tu le disais, et plaisir sans faille de se promener avec toi, petites touches dans tes yeux, tu as des côtés Vertov tu sais ça ?

Anonyme a dit…

J’irai chercher le paysage dans le coffre de la ville, partir sans qualification pour savoir, prendre des airs, prendre ; reprendre c’est violer. J’irai visiter la ville finalement préparée par les uns pour les autres, cueillir des souvenirs, pour les coller plus tard ensemble dans l’album des sourires à mourir ; tu te rappelles, Gwen, quand tous les jours nous lisions les maux de la ville, tater, taster le goût étrange de la ville ?

Pays de Neige

madame gâ a dit…

"...a la lisiere du torrent j'irai m'asseoir sur un banc..."

David a dit…

C'est le genre de balade que j'affectionne tout particulièrement :-)

Lui a dit…

merci...