26.4.08

"J'aimerais avoir plusieurs vies quand même. J'en garderais une pour ne faire qu'écrire"*

(*Michel Le Bris)

A 19H30, j'ai quitté le village et, 11H après en être partie, ça aurait été une bonne heure pour rentrer chez moi.  
Au lieu de ça, j'ai pris l'escalator panoramique de Junkudo jusqu'au 9ème étage. Il faut imaginer neuf étages de hauts rayonnages. Imaginer neuf étages de livres.
Et les trottoirs qui s'éloignent, les parapluies qui dessinent des corolles de fleurs, tout là-bas, tout en bas. 
Il faut imaginer huit étages de livres qui me sont incompréhensibles. 
Au neuvième, je tourne les pages. Photos noir et blanc et de toutes les couleurs. La maladie de la mort, me rappeler la musique de Duras. Quelques échantillons de ma langue. 
Puis, à rebours, rejoindre la rue. La rue qui luit et bruit de tous les rendez-vous de ce samedi. 
C'est Ikebukuro dans la nuit. 

5 commentaires:

Gérald a dit…

Bonjour Gwen,
la lecture de ton billet me fait penser que la technologie à un charme incroyable. Car grâce à elle et ton récit bien entendu, je peux vivre, ressentir d'une manière si poétique cette fin de samedi soir pluvieuse et à Tokyo qui plus est, alors qu'à l'heure où je rédige ce post il fait un soleil radieux diffusant une agréable chaleur dans la si charmante ville rose...
Qui a dit que le don d'ubiquité n'était pas accessible à l'homme?

Gwen a dit…

Je ne sais pas qui a bien pu dire ça. Parce que l'ubiquité, je l'éprouve, quant à moi, tous les jours...

gérald a dit…

...c'était rhétorique...mais maladroit à ce que je vois...

Gwen a dit…

Mais non ! pas du tout ! Je répondais à ton commentaire mais, en fait, me parlais surtout à moi-même...

Mayumi a dit…

Le délice de se retrouver entre les rayonnages d'un temple consumériste consacré aux livres de toutes ces sortes, parmi les milliers de couvertures et tranches comme des gourmandises offrant chacune son goût unique au visiteur, goût réservé aux initiés mais pas inaccessibles aux novices...

Odeur des livres de mon enfance, des livres anciens rescapés de la poussière des greniers, odeur de l'encre neuve, vierge de tout regard... Que j'aime l'immensité des librairies japonaises et aussi britanniques, me sentir toute petite parmi les oeuvres, grandes et petites, rassemblées là autour de moi...
Avoir toutes ces merveilles à portée de main, comme autant de voyages à vivre, de découvertes à m'approprier.

Rien ne vaut une tasse de thé, un livre et la berçeuse de la pluie sur les vitres.

Merci de raviver ce sentiment en moi, Gwen !