4.4.08

La paresse

Les mouches, en volant, transformaient le jour en été. Les mouches et les guêpes.
Un peu plus loin, un sakura dispersait sa neige autour de lui. Et c'était l'hiver.
Le train rythmait le temps de ses passages que précédait la sonnerie du passage à niveau.
Mes bras nus chauffaient au soleil et je réfléchissais au parfum de la glace que j'allais manger.
Les yeux fermés, j'entendais les cris des enfants. Ils affleuraient à peine le bord de ma conscience.
En revanche, je sentais le sol vibrer à chacun de leur passage au galop.

Moi aussi, je courais ainsi.
A mes yeux également, les récréations étaient toujours trop brèves et j'en revenais encore essoufflée et les joues rouges et cuisantes.
Moi aussi, j'avais besoin de m'ébattre, de me dépenser. Au point de, plus tard, faire la course contre un chronomètre.

Allongée sur le drap de soie, j'ai essayé de me souvenir de la dernière fois où j'ai couru. Vraiment couru, pas seulement allonger mes foulées pour traverser avant que le feu passe au rouge.
Je ne sais plus. Je ne me souviens plus.
Il y a longtemps déjà que j'ai transformé les verbes : lire, dormir, rêver, paresser... en verbes d'action.

1 commentaire:

georges perec a dit…

j'ai couru hier pour avoir le train... et bien je peux dire que ce n'est absolument pas intéressant, vraiment aucun intérêt... alors que paresser, lire, rêver, dormir, regarder & contempler, sont bien plus passionnants...