16.1.09

Read this fucking book

« Ce que je préfère c’est un livre qui soit au moins de temps en temps un brin marrant. J’ai lu un tas de classiques, Le retour au pays natal et tout, et j’aime bien, et j’ai lu aussi des livres de guerre et des polars. Mon rêve, c’est un livre qu’on arrive pas à lâcher et quand on l’a fini on voudrait que l’auteur soit un copain, un super-copain et on lui téléphonerait chaque fois qu’on en aurait envie. Mais ça n’arrive pas souvent. J’aimerais assez téléphoner à Karen Blixen. Et à Ring Lardner, sauf que D.B. m’a dit qu’il était mort. Tout de même, prenez ce bouquin, Servitude humaine de Somerset Maugham. Je l’ai lu l’été dernier. C’est pas mal et tout, mais j’aurais pas envie de téléphoner à Somerset Maugham. Je sais pas, c’est le genre de mec que j’aurais jamais envie d’appeler. J’appellerais plutôt le petit père Thomas Hardy. Son Eustacia Vye, elle me plaît. »
J.D. Salinger. L'attrape-coeurs.

A la fin de la conversation, Yasuaki a dit : "l'amour, c'est difficile".
Et, ça se trouve, c'est en effet un peu compliqué quand, comme lui, on aime secrètement la fille qui a la clef de la cage des koalas.

A Yasuaki et aux autres qui aiment la fille qui ne les regarde pas, je voudrais dire : "read this fucking book".
Lisez-le et je parie n'importe quoi que vous aurez envie que Daniel Handler soit votre super-copain, vous rêverez d'avoir son numéro de téléphone pour l'appeler à n'importe quelle heure et lui dire : "hey, tu sais quoi ? Elle m'a souri."

"Je crois bien que le caramel à l'eau salée se fait avec de l'eau salée et un bon paquet de sucre, qu'on fait filer, ou qu'on roule, ou qu'on pétrit, jusqu'à le transformer en une substance que l'on vendra sur le bord de mer. Si vous vous trouvez à San Francisco, où a lieu cette histoire d'amour, vous pouvez filer vers le sud et voir comment on le fabrique dans une cahute, à côté de celle où on vend des tickets et de celle où l'on fait frire des calamars avant de vous les donner contre de l'argent. Vous n'avez qu'à suivre les panneaux. Vous ne pouvez pas les rater.
C'est ça l'amour, un caramel à l'eau salée. Presque tout le monde en a déjà goûté. Quelqu'un vous en offre un jour où n'avez rien à faire , et il y a de grandes chances pour que vous l'acceptiez et le mettiez dans votre bouche. Le caramel à l'eau salée nous rassemble tous, mais qui le considère comme son plat préféré ? Qui l'aime plus que tout au monde ? A peu près personne. Alors pourquoi en mange-t-on ? Cette histoire d'amour porte sur ce genre d'amour, cette chose douce et sucrée qui existe sans qu'on n'ait rien demandé et que tout le monde mange dans le même paquet."
Daniel Handler. L'amour adverbe.

(Aux autres, à tous les autres, à ceux qui aimeraient ne jamais avoir à descendre du train dans lequel la foule leur permet d'encore plus se serrer contre l'être aimé, je le conseille également, ce livre adverbe...)

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Cette photo, elle est complètement émouvante.
Comme ce Koala presque japonais maintenant et pour toujours suspendu à nos bras...
Le caramel à l'eau salée, c'est aussi cette pâte de tendresse pour laquelle il est bon de pleurer ?
J.

Anonyme a dit…

...
je reste sans voix

...
je reste sans voie

...
d'émotion.

Merci.
PCT

Anonyme a dit…

je viens d'en lire des extraits supplémentaires,
ce qui est terrible, c'est que je ne suis pas sur de supporter de le lire.

Anonyme a dit…

«Je sentais une boule de colère monter dans ma gorge. Ça ne vaut pas le coup de supporter le poids du monde, même avec l'amour qui mourra et disparaîtra, mais chaque instant passé en compagnie de Lila valait tout le reste, le simple fait de parler avec quelqu'un que je connaissais depuis une éternité, comme une vieille chanson. Et de l'écouter, aussi. L'amour, c'était la seule chose qui nous restait, à nous tous, assis dans nos voitures, abattus, conscients qu'il n'y avait plus de bateau pour nous sauver.»

(extrait pour l'autre et les autres)

Gwen a dit…

Ah oui. Mais aussi :

"la mère d'Helena. La mère d'Helena. Mère, mère, mère. Helena pense à sa mère qui vient lui rendre visite : elle pourrait très bien la jeter dans le cratère d'un volcan en activité. Et si ces raisonnements étaient faux ? Elle se pencha vers son mari et lui déposa un gros baiser à l'endroit précis où son livre l'avait heurté. C'est ça l'amour, qui va où va l'argent, et pendant ce temps, un volcan ou une ex-petite amie pourraient bien tout faire sauter, comme disent les Américains. Comme tout le monde dit. Il y avait, il y a, probablement autre chose dans cette histoire.
"Et s'il n'y a pas de volcan ? dit Helena. Qu'est-ce que je vais faire ?
-J'imagine, répondit David, que tu devras enseigner."

(pour ma mère)

Mais encore :


"cette période qu'il traversait ne ressemblait en rien à la vraie vie. Elle en était aussi éloignée qu'une pizza servie dans un avion est éloignée de l'Italie, quand bien même cet avion survolerait l'Italie."

(pour mon père et ses racines italiennes. Pas de jaloux !)

ça relativise l'insupportable, non ?!

Anonyme a dit…

oui tu as raison, ça relativise... (je ne sais pas bien faire, surtout en plein sevrage, sur ces mots, je file au tabac - et si je ne revenais pas ? mince on est pas dimanche)
pct

Holden a dit…

Faudra que j'en parle à D.B., et à Phoebe aussi, de ce bouquin.

jenny a dit…

ne jamais descendre du train pour mieux se serrer contre l'être aimé.....i'll read this fucking book, then !

Gwen a dit…

Holden... quelle bonne surprise !!!

Jenny, parce que tu es du genre à faire un tour de Yamanote supplémentaire sous ce prétexte-là, oui, je te le conseille, ce livre !!!