22.3.09

Lire l'avenir

"Au nom du ciel, que fais-tu, maman ?
-Oh, je m'auto-analyse, répliqua-t-elle d'un ton enjoué. J'ai pensé qu'une psychanalyse me serait bénéfique. Je suis allée voir un médecin dans notre petite ville. Il se faisait payer cent schillings de l'heure; je ne pouvais tout simplement pas me le permettre, mais lorsque je le lui ai dit, il m'a conseillé de vendre ma voiture et de me restreindre sur mes repas. Imagine un peu ! Alors j'ai décidé de m'auto-analyser. Maintenant, trois fois par semaine, je m'allonge sur le lit et je me parle durant une heure. Je suis très franche. Je ne m'épargne rien de déplaisant. Cette thérapie semble très efficace et, bien sûr, elle ne me coûte pas un centime. Il me reste encore trois quarts d'heure, alors si tu pouvais me laisser seule..."
John Cheever. Les lumières de Bullet Park.

On voudrait pouvoir se reposer de tout cela, de soi, même.
On voudrait croire qu'il suffit de lire l'horoscope de l'année pour que tout s'éclaire.
Qu'il suffit de glisser un billet au creux de la main de la diseuse de bonne aventure pour qu'elle lise dans la nôtre de grandes certitudes.
On voudrait pouvoir faire confiance à la numérologie. Au pendule.
On voudrait pouvoir arrêter de penser.
Mais au fond, on le sait.
On sait qu'il nous faut nous retourner sur notre passé pour avoir foi en notre avenir.

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Toujours. Retourner derrière soi, les yeux à l'intérieur de soi-même - pour avoir une chance de comprendre... et d'aimer. Ce que l'on est, ce que l'on est devenu, les autres, tous ceux que l'on aime. La vie.

Toujours. Chercher à comprendre le pourquoi et le comment qui nous ont animés pour trouver la clé de nos peines et la source de nos bonheurs - et ils sont nombreux. Nos bonheurs.

Toujours. Avoir confiance en l'avenir car il nous appartient. Là, maintenant, tout est en nos mains : savoir regarder et accepter ce qui s'y trouve. Et l'aimer. Et y croire.

DesBIsesd'Espoir

Anonyme a dit…

le passé est comme un vieux tatouage,
on l'oubli,
puis parfois, nu devant la glace, il ressurgit.
De toute façon il est la.
(je ne suis pas tatoué).

Il est rare de te lire sombre.
Mon auto-thérapie fut de longues heures de marche dans une ville inconnue, avec le soutien parcellaire de quelques méconnu(e)s...
Tokyo te serait trop connue ?

Je me souviens d'un billet de madame Gâ, demain est heureusement un autre jour, tous les jours.

Amitiés Hexagonales (avec des lunettes roses prescrites par l'ophtalmo)

Gwen a dit…

Sombre ?????
En l'occurrence, tu ne devais pas porter tes nouvelles lunettes à la lecture de mon billet et tu y as projeté quelques courbes de ton tatouage, peintes en noir...
ça arrive, c'est vrai, qu'on soit tenté de se lire soi plutôt que ce qui est écrit !
(bien avisé, l'ophtalmo !!!)

Gwen a dit…

PS : tu dis que le passé est un tatouage mais que tu n'es pas tatoué...
Tu es sans passé ou tu es amnésique ???
Sans passé -même si on en ignore une part- ça parait difficile : on a tous la même cicatrice qu'on appelle communément nombril.
Amnésique, alors.
Mais cela signifierait que notre passé ne nous marque qu'à condition qu'on s'en souvienne ???
Serait-ce pour cela que j'ai autant de rides ???
Car, après tout, les rides, c'est un peu ça, non :
-indélébiles comme un tatouage
-qu'on peut estomper avec de l'argent et du bottox
-qui racontent une histoire comme un dessin
...

camomille a dit…

Parfois on se retourne sur son passé et on n'a plus foi du tout en l'avenir...je me demande bien souvent que faire avec le passé. Si tu as un semblant de réponse, je prends!

Gwen a dit…

Je n'ai pas un semblant de réponse : j'ai LA réponse !!!!
Du meilleur du passé faire des conserves dans des jolis pots, les stocker dans un endroit aéré.
Et, au fil du temps, déguster avec modération.
Du moins bon ? Trier le vraiment pourri du encore comestible, hacher, recycler, transformer jusqu'à parvenir à une apparence acceptable.
Simple, non ?!!!

Anonyme a dit…

je ne suis sans doute pas encore tout à fait habitué à mes nouvelles montures (rose ça pique un peu les yeux).

le nombril, je l'avais oublié celui la, je n'ai pas vu qui était à l'autre bout du cordon.

pas tatoué, non, quoique, ils étaient lavables (merci Malabar). J'aurais donc un passé lavable, tu l'essor et il en ressort plus blanc que blanc (mais ça ne fonctionne pas avec mes tee-shirt).

ce soir je fais des conserves, de tout, ça ajoute du goût. Quand à la date de péremption, qu'elle n'arrive pas trop vite quand même.

lataupe a dit…

Et encore cet acte de retour sur soi sera t-il suffisant?...