20.3.09

Là je suis... (2)

Je ne suis pas sensible aux uniformes mais je dois bien avouer que si l'homme du train avait porté un jogging, il m'aurait certainement paru doté de moins de charme.
"-Enfant, c'est ce que vous rêviez de faire ?
-Non, ce n'est que tardivement et un peu par hasard que je le suis devenu."
Il m'a dit que, malgré l'expérience que procure l'ancienneté, rien n'altère la béate admiration devant les paysages ni l'heureux soulagement de l'atterrissage réussi.

Jeune, je n'avais aucun rêve d'avenir, pas même celui d'"une grande maison emplie d'enfants et d'animaux".
Je devais me douter de ce que ça signifiait en terme de pieds crottés, de tenues de sport à laver et faire sécher, de cartables, d'assiettes et de gamelles à emplir.
Or, enfant, avant de savoir lire, ce que je préférais déjà, c'était rêver en paix sur une balançoire, pas jouer à faire le ménage avec un aspirateur miniature.
En classe de 4ème, Delphine était sûre d'elle : "de toute façon, toi, tu seras philosophe !". Cela m'avait autant impressionnée qu'une prophétie. D'autant plus que je ne savais pas bien ce que c'était, être philosophe. Et que j'étais tout à fait incapable de parler de moi au futur.
Encore maintenant, d'ailleurs, j'ai du mal.

"-Et vous, qu'est-ce que vous faites ?"
Je m'y attendais. C'est difficile d'y couper, au cours d'une conversation avec un inconnu.
Et je sais qu'à cette question, il ne suffit pas de répondre, même si c'est vrai :
"-Je marche dans la ville, je lis, je mange sur mon balcon, j'écris dans des carnets, je photographie le temps qui passe..."


Avant même que l'homme du train ne s'éloigne, son lourd bagage à la main, un clin d'oeil en guise d'adieu, je savais que cette romanesque rencontre était unique, que nous resterions l'un pour l'autre heureusement anonymes, compagnons fortuits d'un seul voyage.
Je manque tellement d'a-propos... Il aurait été parfaitement adapté d'emprunter une des vies que Mme Ga m'a imaginée et de répondre nonchalamment :
-Moi ? Je suis...

Là je suis : quand j'ai dit à Mme Gâ que j'aimerais faire, un jour, un métier qui me permettrait de lui commander des cartes de visite, elle m'a prise au mot et m'a envoyé quelques propositions ... qui sont devenues, pour moi, une source d'inspiration !
Vous pouvez lire la série ICI
Pauvre Sophie Calle qui a dû, elle, se contenter de l'imagination de Paul Auster !!!

18 commentaires:

Anonyme a dit…

... Mais alors sans doute auriez-vous parlé moteurs, huiles de vidange, puissance et peut-être même estimations monétaires...

Et au lieu de ce clin-d'oeil, oh combien délicat, t'aurait-il alors possiblement quittée sur un : "Allez, salut Roger".

Forcément, ça n'aurait pas été pareille.

La Vicomtesse de R.
Avec desBIses de mécano...

Gwen a dit…

Tous les garagistes s'appellent Roger, toutes les coiffeuses s'appellent Jessica... On n'est pas un peu dans le cliché, là, madame la vicomtesse ?!!!!

Anonyme a dit…

tu as sur ce dessin le même petit pull, aspect mohair rouge, que portait la femme de mon garagiste normand lors de la dernière révisions du véhicule familiale qui me transporte.

(deux joies :
Regarder la tête des conducteurs du même modèle que ma voiture - un constructeur français - cette quarantaine bedonnante astiquant "Le Carrosse" un dimanche matin...
Côtoyer les parents de ces petits trésors, que l'on aère au square, après une semaine de bienfaisantes obligations professionnelles. Ce regard baveux sur "leur première merveille du monde", aux aguets de tous ces petits monstres alentours. Ce sont les mêmes que je retrouve dans "mon" modèle de véhicule familial).

Quelle voiture me conseillez vous Mademoiselle Roger ?

Le Comte de M. (usurpé)
Amitiés Hexagonales.

Gwen a dit…

Monsieur le Comte,
je vous conseille de ne pas changer de voiture mais de prendre rendez-vous chez l'ophtalmo.
Et d'être prudent à moto.
Bien à vous.
Mlle Roger.

Julian a dit…

Un garage avec un coin cafétéria du coup ?

Anonyme a dit…

Heu les gars
va falloir arrêter
avec les bagneules
parce que déjà qu'dans la journée
ça fait mal
mais alors si le soir
vous r'mettez ça ... :
moi j'opte pour la télé -
et si tu roules en bécane
en béké tramontane
c'est pas une GSX-R c'est pas
du papa maman 1100
avec 160 cv un pot Devil
les gars - vraiment les gars
même toi vicomtesse
faut pas parler meule le soir
les gars
l'autre - huile de vidange et
cylindrée fiscale
le vrai carbu
le vieux carbu monétaire
double-corps
Weber et casqué
ah les gars ..
r'ppelez d'c'temps là ?
dis gégé
bon c'est quand qu'on la sort
la meule la béké
alleeeeez un tour de tir
sûr certain taplala
avec Comte et Vicomtesse
et tous les gégés
(parce que les gégés faut les voir)
les gars
on sort la familiale
un tour en ville
la gros meiji-dori
tête de cheval sur la tête
et RDV à la cafet.

bon ben .. Pays de.

Gwen a dit…

Bon les gars, allez-y, j'enlève mon bleu et je vous rejoins !

Anonyme a dit…

L'inspiration poétique de la Terre lointaine qui habite ton coeur me fait me réveiller avec un immense éclat de rire...

A défaut d'avoir écrit quelques paroles sensées hier soir, aurais-je alors ce matin le plaisir de cette lecture réjouissante !

Quant à ton souhait de retirer ton bleu (lâchons nous, que Diable), ça me rappelle - ne me demande pas pourquoi - une réplique d'une des brebis de F'mur, qui, sous la ruse insondable (...) de Romuald le Bélier Noir, finit par craquer et retirer sa fourrure...

Deux raisons pour moi de rire ce matin !
Merci aux amoureux...

DesBIses Joyeuses !

Anonyme a dit…

J'adore !
en plus il faut beau,
allez, tous dans l'auto,
nous partons dépolluer nos compagnes.
Amitiés Hexagonales.

Gwen a dit…

"Dépolluer nos compagnes" ?!!!!
Olala, ça devient olé-olé tout ça !!!!

le consul a dit…

décidément pour avoir des commentaires, deux solutions : parler nourriture, ou bien : parler bagnoles... alors là tout le monde s'éclate...

Gwen a dit…

Oui, c'est vrai... Dans un prochain billet, je caserai quelques recettes de quiche et un itinéraire praticable pour une voiture familiale en vue d'un hanami mémorable et je devrais avoir des commentaires en veux-tu en voilà !!!

Anonyme a dit…

Oui le Consul
a vu juste
très juste même
la bagnole la vraie
la celle qu'on ne cache pas
qu'on sort au bras
le dimanche ou le contraire
avec l'auto-radio
l'authentique blaupunkt
ça fait mouche en matière
de comment taire
et ca semble un peu facile
je vais peut-être
m'y mettre aux bagnoles
alors à la campagne les gars ?
certain qu'en remontant
la meiji-dori on déboule
à un moment (donné)
Porte de la chapelle
et de là
y a plus ka.

(on m'a dit qu'en Avril
il y avait un salon
à Durcet à la campagne
il y avait aussi le printemps
à la campagne
au moins pour deux jours
les 25 et 26 Avril)

y a plus ka.

bon ben ... Pays de

Gwen a dit…

Bon, très bien : mes recettes de quiche et de sandwich seront prêtes pour la fin avril !

le consul a dit…

attention à ne pas devenir poète automobilier...

raphael a dit…

"[...]enfant, avant de savoir lire, ce que je préférais déjà, c'était rêver en paix sur une balançoire[...]"

Maintenant que tu en parles, c'est étrange cette impression qu'on peut ressentir lorsqu'on n'est pas dans l'action ... on en arriverait presque à se sentir coupable !... Mais de quoi au fait ?


"[...]Je manque tellement d'a-propos...[...]"

... mais pas de profondeur de vue ... et c'est aussi bien comme ça !

Gwen a dit…

Le "on" que tu utilises me dérange assez, Raphaël... Tu fais de tes impressions des généralités. A moi, il ne m'arrive pas de me sentir coupable d'être dans l'inaction. Jamais.

raphael a dit…

J'aurais du développer davantage.

Mais comme ce n'est pas le lieu, et pour éviter tout malentendu, je te propose de supprimer mon commentaire.