27.2.07

A la verticale des nuages

En franchissant le portique du parc Meiji, je me suis rendue compte que je n'y étais pas venue depuis plus d'un an. Un an. Le temps, ici, ne passe pas comme ailleurs.

J'ai tourné à droite avec l'étrange impression de ne pas choisir. C'était une évidence d'être au milieu du bois, de suivre ces allées désertes.

Au loin, j'entendais les trains, seul signe d'une existence humaine, quelque part. Sans eux et les corbeaux, j'aurais pu me croire seule au monde.
Et ce sentiment n'était pas effrayant.

Aux abords du temple, même les corbeaux se sont tus.

Et ça a été, tout à coup, une plénitude entière. Une force puissante et douce à la fois transmise par le relief du dessin des toits sur le ciel, par ce silence singulier.

Le temple est une parenthèse hors du monde et l'inquiétude déserte sa cour carrée.

Avant de m'en éloigner, j'ai fait le voeu d'encore en vivre beaucoup, des instants comme celui-là.

Sur la pelouse, les silhouettes étaient, comme la mienne, solitaires et nonchalantes. Et les oiseaux volaient en ricochets.



Les nuages dessinaient une géographie imaginée.

Plus tard, le soleil a embrasé le ciel de Yoyogi.

Et, une fois la nuit tombée, il y a eu un thé vert, un goûter, une fillette mi-lapin mi-danseuse, un merci dans un mélange de couleurs scintillantes et un joli compliment que je retiens précieusement.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Pourquoi ce sentir si intime avec ces images de Torii qui ne m'appartiennent pas ?

Eternel pélerinage - des imagines qui rappellent les lectures de Claude Durix, Yukio Mishima, ces Ryus innombrables appliquées dans les 10000 disciplines du Do faisant suites à celles du Jutsu ...

Dogen Zenji, Ritsuke Otake et son Katory Shinto Ryu ... Morihei Ueshiba et ses contes impossibles ; tiens je pense à ce français expatrié André Nocquet, ushi-deshi dans la discipline. Plus tard, Yasunari Kawabata et Tanizaki - éloge de l'ombre.

Réminiscence du Go joué à perte de vue et de temps - cette partie onirique se prolongeant tôt le matin avec beaucoup de thè et un fond de partitas de Bach - pour violoncelle seul ...dans la nuit.

Eternel pélerinage - ces lectures de temples impénétrables de Taisen Deshimaru expatrié en france - Ishiryo et mushutoku mystérieux - enfin, celles poétiques de Shundo Aoyama - graine de sagesse. Lectures en forme de petit rakuzu, ou de keza infini ? ce japon shinto du shugyo et du shodo : haragei, haragei ; ce japon qui séduit, qui se prend dans les bras mais ne se comprend pas.

Sous le portique, tes photos très personnelles m'obligeaient ce petit ikebana, j'entends encore une fois ce vieil haramita shingyo ... et ses mots I Shin Den SHin qu'on peut entendre sous le portique.

Merci de nous faire rêver d'aussi loin chère amie.

Pays de Neige

madame gâ a dit…

heu j'allais dire un truc, mais la je sais plus, du coup....

Miss Ritchie a dit…

Je viens de passer un moment sur ton blog et j'ai navigué à travers les liens, les photos d'E. entre autres, très belles, d'autres blogs, j'ai l'impression d'avoir vu des expos, lu des extraits, pénétré quelques quotidiens de gens que je ne connais pas, c'était très bien, je suis crevée!